Le gouvernement turc pourtant dirigé par des islamistes modérés peu favorables à l'armée à décidé d'autoriser une intervention miliraire dans le nord de l'Irak.

Depuis quelques semaines des séparatistes kurdes (affilié au PKK) ont repris leurs opérations en Turquie. Attentats, fusillades et provocations justifient cette décision à Ankara. Il reste à prouver que le PKK est derrière ces actes qui ne peuvent que le desservir après des années de cessez-le-feu.

Depuis des mois l'armée turque réclame le droit de poursuivre les rebelles kurdes en territoire irakien.

Or, le "territoire irakien" en question est aux mains de deux partis kurdes irakiens : le PDK et l'UPK qui rejettent catégoriquement toute intervention chez eux.

Mais ce conflit ne concerne pas seulement la Turquie et les Kurdes, en effet, depuis l'invasion de l'Irak en 2003 les relations entre la Turquie et les USA se sont profondément déterriorées : avant 2003 Ankara était très proche d'Israël et des Etats-Unis, mais depuis que Washington et Tel-Aviv soutiennent les Kurdes d'Irak la Turquie a pris ses distances soutenant passivement les efforts américains en Irak et en Afghanistan (utilisation de bases turques pour l'aviation de guerre us).

Une traque des rebelles kurdes au Kurdistan irakien pourrait donc encore envenimer les relations entre la Turquie et les Etats-Unis.

De plus, Ankara a toujours été proche de l'Iran, refusant de suivre les menaces occidentales contre la République Islamique. En effet certains iraniens sont turquophones et les relations commerciales sont nombreuses.

La 25° intervention turque en Irak pourrait mettre face à face d'un côté la Turquie soutenue par l'Iran et les Chiites d'Irak (dont le "gouvernement" a accepté le principe d'une intervation fin septembre) aux Kurdes d'Irak soutenus par les Etats-Unis ainsi qu'Israël.

Rappelons que le nord de l'Irak possède de nombreux gisements pétroliers et que des experts pensent que des réserves plus importantes encore attendent d'être exploitées.