10 octobre 2009
BLAIR pris à partie !
Source : AFP Londres

"je ne vous serre pas la main, vous avez du sang dessus"
Un service religieux organisé vendredi en la cathédrale Saint Paul de Londres en l'honneur des soldats britanniques ayant servi en Irak, a été suivi d'un incident entre le père d'un soldat tué et l'ex-Premier ministre Tony Blair.
M. Blair, qui avait engagé la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak, s'est joint au président irakien Jalal Talabani et à la reine Elizabeth II pour cette cérémonie religieuse en hommage aux quelque 100 000 militaires et civils britanniques qui ont été dépêchés en Irak depuis 2003, ainsi qu'aux 179 soldats qui y sont morts.
Au cours d'une réception offerte après le service religieux à Guildhall, l'ancien hôtel de ville de Londres, le père d'un soldat mort en Irak a refusé de serrer la main de Tony Blair.
Peter Brierley, qui a perdu son fils Shaun Brierley âgé de 28 ans, a dit à l'ex-Premier ministre : "je ne vous serre pas la main, vous avez du sang dessus".
"Je crois que Tony Blair est un criminel de guerre. Je ne peux pas supporter d'être dans la même pièce que lui. Je ne peux pas croire qu'il ait été invité à cette réception", a déclaré M. Brierley peu après.
09 octobre 2009
« Je ne suis pas un héros » Muntadhar al-Zaidi

Ainsi se qualifie simplement Muntadhar al-Zaidi, le journaliste irakien, qui lança sa chaussure à la tête de George Bush, l’an dernier, acte par lequel il a été porté aux nues dans le monde arabe et fait la une des médias internationaux.
Extraits de sa conférence de presse, tenue le 15 septembre à Bagdad :
« Je suis libre mais mon pays est toujours prisonnier de guerre… Je répondrai que ce qui m’a conduit à venir est l’injustice qui frappe mon peuple et la manière dont l’occupation a voulu humilier ma patrie en la foulant aux pieds. Comment elle a voulu aussi écraser les crânes de ses fils sous sa botte, cheikhs, femmes, enfants ou hommes. Au cours des cinq dernières années, plus d’un million de martyrs sont tombés sous les balles de l’occupation et le pays compte maintenant plus de 5 millions d’orphelins, plus d’un million de veuves et des centaines de milliers d’estropiés. Et, plusieurs millions de sans abri, à cause des déplacements à l’intérieur ou à l’étranger…
Nous étions une nation où les Arabes partageaient avec les Turcomans, les Kurdes, les Assyriens, les Sabéens et les Yézidis leur pain quotidien. Les chiites priaient à côté des sunnites, les musulmans célébraient avec les chrétiens la naissance du Christ… Que la paix soit sur lui ! Il en était ainsi en dépit de la faim et des sanctions qui nous ont été imposées pendant plus de dix ans. Notre patience et notre solidarité ne nous faisaient pas oublier l’oppression. Jusqu’à ce que nous fussions envahis par l’illusion de la libération que certains entretenaient…..
Je ne suis pas un héros… J’étais humilié de voir mon pays humilié. De voir Bagdad brûler… Des dizaines, non des centaines d’images de massacres qui blanchiraient les cheveux d’un nouveau-né m’amenaient les larmes aux yeux et me blessaient. Le scandale d’Abou Ghraib, les massacres de Fallujah, de Nadjaf, d’Haditha, de Sadr City, de Bassora, de Diyala, de Mossoul, de Tel Afar, et chaque pouce de mon pays blessé. Ces dernières années, j’ai parcouru mon pays et vu de mes propres yeux la souffrance des victimes et entendu les cris des endeuillés… Je serrais les poings et faisais une promesse à nos victimes, de les venger.
Quand l’occasion survint, je la saisis. (…)
En jetant ma chaussure à la figure du criminel Bush, je voulais exprimer mon refus de ses mensonges, de l’occupation de mon pays, du massacre de mon peuple ; mon refus de voir piller les richesses de mon pays, détruire son infrastructure ; de forcer ses enfants à l’exil en diaspora.
Après six ans d’humiliation, d’indignité, de tueries et de violations de l’intimité (des femmes irakiennes), de profanation des lieux saints, le tueur est venu, se vantant, criant victoire et démocratie. Il était venu dire au revoir et s’attendait à des fleurs.
Ce fut ma fleur, à l’occupant et à tous ceux ligués avec lui… avant et après l’occupation… Comment poser une question à Bush en dehors du cadre de la conférence de presse ? C’était interdit.
Si j’ai fait du tort au journalisme malgré moi, à cause de l’embarras où je l’ai mis, je le regrette sincèrement… L’Histoire regorge d’événements où la profession s’est compromise avec les politiciens américains, par exemple, lors de la tentative d’assassinat de Fidel Castro où des agents de la CIA, se posant en journalistes de la télévision cubaine, avaient piégé la caméra qu’ils emportaient ou encore lorsqu’elle a trompé l’opinion publique sur ce qui se passait réellement pendant la guerre en Irak. Mais je voudrais attirer l’attention sur le fait que les services secrets américains et ceux qui les suivent ne cesseront de me traquer (parce que) je suis un rebelle opposé à leur occupation. Ils essaieront de me tuer ou de me neutraliser… (physiquement, socialement ou professionnellement).
(Muntadhar al-Zaidi évoque ensuite les tortures odieuses qu’il a subies, juste après son arrestation) … « la conférence de presse se poursuivait, j’entendais les voix des participants et ils entendaient peut-être mes gémissements et mes cris… Je donnerai plus tard les noms de ceux qui m’ont torturé : certains étaient des personnages de haut rang du gouvernement et de l’armée… Ils (les Américains) se vanteront de la duperie et des moyens qu’ils ont utilisés pour arriver à leur objectif. Cela n’est pas étonnant et ne diffère en rien de ce qui est arrivé aux Indiens des Etats-Unis aux mains des colonialistes. Et, ici, je leur dis (aux occupants) et à ceux qui les suivent et à tous ceux qui les soutiennent et prennent fait et cause pour eux. Jamais plus.
Nous sommes un peuple qui mourra plutôt que de subir l’humiliation.
Pour finir, je préciserai que je suis indépendant, je n’appartiens à aucun parti politique… On a dit, pendant que l’on me torturait, que j’étais d’extrême droite, ou d’extrême gauche… Désormais, je m’efforcerai de secourir les veuves et les orphelins, tous ceux dont les vies ont été détruites par l’occupation… Et, à mon pays bien-aimé, je dis : si la nuit d’injustice se prolonge, elle n’empêchera pas le soleil de se lever et ce sera le soleil de la liberté… ».
Muntadhar al Zaidi en appelle au gouvernement pour examiner le sort de centaines de prisonniers pourrissant dans les prisons depuis des années, sur la dénonciation d’un informateur, comme il le leur a promis.
Source : Gilles Munier
Irak : la résistance naqshbandi
Irak : la résistance naqshbandi
par Gilles Munier (Afrique Asie – octobre 2009 et http://gmunier.blogspot.com/ )


De l’avis du commandement américain, l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya - Jaysh Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN) - est aujourd’hui l’organisation de la résistance irakienne qui menace le plus le régime de Bagdad. Officialisée le 30 décembre 2006, dans la nuit de l’exécution du président Saddam Hussein, elle fait partie du Commandement suprême pour le Jihad et la Libération, le front dirigé par Izzat Ibrahim al-Douri, chef du parti Baas clandestin, dont le tête est mise à prix 10 millions de dollars : mort ou vif !
Selon le général James Nixon, commandant des troupes d’occupation dans les régions de Diyala et de Kirkouk, la confrérie soufie Naqshbandiyya est entrée en résistance, dès 2003, sur les hauteurs surplombant le lac Hamrin, au nord-est de Bagdad. La guérilla y était dirigée, dit-il, par Abdurahman Naqshbandi, ancien officier de l’armée irakienne. En Irak, cela n’étonnera personne, cette famille étant connue pour son nationalisme et sa participation au renversement de la monarchie pro britannique en 1958. Le général note que la JRTN n’a rien à voir avec « Al-Qaïda en Mésopotamie », qu’elle est « bien organisée », et d’autant plus dangereuse qu’elle est « en contact avec des éléments de l’ancien régime », c'est-à-dire Izzat Ibrahim. Son logo représente d’ailleurs la carte de la Nation arabe, objectif ultime du baasisme.
Soufisme et résistance
Le soufisme a des racines profondes dans la société irakienne. Les deux principales confréries, la Qadiriyya et la Naqshbandiyya, y ont toujours été très actives. La Qadiriyya – à laquelle les ordres Rifaiyya et Caznazaniyya sont liés - tire son nom d’Abdelkader al-Gilani, théologien mort à Bagdad et enterré en 1166. Cette tariqa - voie soufie –, fut la première fondée dans le monde musulman. Elle demeure la plus importante. L’émir Abdelkader, qui s’opposa à la conquête de l’Algérie par les Français en 1830, était un de ses disciples. En Irak, le nom de Gilani est également lié au coup d’Etat anti-britannique de Rachid Ali al-Gilani et des officiers du Carré d’or, en 1941, dont l’exemple inspira le colonel Nasser et les mouvements anti-coloniaux au Maghreb. Après la prise de Bagdad en 2003, le cheikh Abdul Afif al-Gilani qui prônait l’attentisme, voire le dialogue avec les occupants, sous prétexte d’éviter que l’Irak ne sombre dans la guerre civile, s’enfuit à Kuala Lumpur pour échapper à la colère des qadiris. Un groupe d’auto-défense fut aussitôt créé pour protéger le sanctuaire d’al-Gilani des attaques des milices chiites pro-iraniennes et des salafistes d’Abou Mussab al-Zarqaoui qui traitent les soufis d’hérétiques. En avril 2006, un « Escadron Abdelkader al-Gilani » annonça sa constitution, mais on n’a guère entendu parler de lui depuis.
La Naqshbandiyya tire son nom de Baha’uddin Naqshband, théologien né en 1317 près de Boukhara. Elle se distingue des autres ordres soufis qui font remonter leur chaîne initiatique au Prophète Muhammad par Ali, son gendre et 4ème calife, en se prévalant d’enseignements secrets transmis préalablement par Abou Bakr, premier calife. La branche irakienne de la confrérie appartient à la Naqshbandiyya-Khalidiyya, du nom de son fondateur Cheikh Khalid - mort en 1857 -, originaire de Shahrazur, bourgade kurde de Mésopotamie. L’ordre qui s’implanta rapidement dans l’empire Ottoman, en Asie centrale et en Inde, s’opposa dès sa création aux déviations imposées en Perse à l’islam par la dynastie chiite safavide. Il demeure très influent dans le Caucase où l’imam naqshbandi Chamil, chef légendaire de la résistance anti-russe, fonda au 19ème siècle un Etat régi par la charia comprenant la Tchétchénie et le Daghestan.
Foi, ascétisme et guérilla
En Irak, la Naqshbandiyya s’est préparée à résister dès la fin 2002, mais n’a signé ses opérations, pour des raisons d’efficacité, que bien plus tard. C’est pourtant un commando naqshbandi qui créa la première grande panique dans la Zone verte, le 26 octobre 2003 à l’aube, en attaquant au lance- roquettes l’hôtel al-Rashid où dormait Paul Wolfowitz, n°2 du Pentagone, faisant plusieurs victimes dont un général américain. En 2004, ses moudjahidine participèrent à la bataille de Fallujah, puis à celle de Samarra. Aujourd’hui, selon les Américains, il y aurait de 2 à 3000 combattants naqshbandis, rien que dans la région de Kirkouk, qui harassent les bases américaines. Dans la conjoncture actuelle, la multiplicité des organisations de résistance apparaît à la JRTN comme une nécessité. Elle affirme qu’un commandement unique nuirait à leur capacité d’action sur le terrain, faciliterait le travail de sape des occupants. En interdisant clairement les attentats aveugles et l’exécution d’Irakiens - sauf s’il s’agit de collaborateurs - elle marque sa différence de méthode avec al-Qaïda. Mais ce qui fait la force de l’ « Armée Naqshbandi », c’est la foi religieuse, le mode de vie ascétique et le patriotisme de ses membres, son aptitude à transcender les clivages ethniques, et son encadrement composé de militaires de l’ancienne armée irakienne.
La CIA, « Le Pape » de la Casnazaniyya, et les « Rockstars »
La confrérie soufie Casnazaniyya, branche de la Qadiriyya, est connue en Irak pour ses cérémonies mystiques à la fin desquelles des derviches en extase s’entaillent la langue au rasoir, se transpercent avec des pics, ou se plantent un poignard dans le crâne. La foi qui les anime, l’insensibilité à la douleur et l’étonnante rapidité de cicatrisation des plaies, sont la preuve que Dieu - selon la secte - accomplit des miracles par l'entremise de leur cheikh. Muhammad al-Kasnazani, leur maître actuel, était connu pour ses relations avec plusieurs dirigeants irakiens, dont Izzat Ibrahim al-Douri. A la fin des années 70, il avait donné un gage de loyauté en créant une milice qui pourchassait les peshmergas de Jalal Talabani, actuel président de la République. Recruté par la CIA, sous le nom de code « le Pape », il aurait participé en 1995 à une tentative de renversement du président Saddam Hussein. D’après des documents saisis par les Américains, au siège des services secrets irakiens en 2003, Muhammad al-Kasnazani et ses fils Nehru et Gandhi – nom de code « Rockstars » - jouaient double jeu. En 2001, Muhammad, autre fils du cheikh, fut jeté en prison pour s’être alloué du pétrole de contrebande en imitant la signature de Saddam Hussein. Condamné à mort avec ses deux frères impliqués dans l’escroquerie, ils furent libérés grâce à l’intervention d’un ancien dirigeant kurde communiste, devenu soufi. Réfugiés avec leur père à Soulimaniya - sous la protection de Talabani - ils aidèrent les Américains à s’emparer de Bagdad en fournissant des listes de responsables baasistes à arrêter. Déçu de n’avoir pas été nommé ministre du nouveau régime, Nehru s’est transformé en homme d’affaires. Il a créé un quotidien, un parti politique et une société de sécurité. En 2009, il s’est offert les services d’une lobbyiste, ancien agent de liaison entre le commandement américain à Bagdad et l’armée du régime. Elle lui a ouvert les portes du Congrès américain. Depuis, Nehru se verrait bien président de la République irakienne.
Le « bon Naqshbandi » des néo-conservateurs
Attention ! Ne pas confondre la Naqshdandiyya, dont l’Armée Naqshbandi d’Irak est issue… et l’ordre Naqshbandi qui se prévaut des enseignements de Nazim al-Haqqani, mufti d’origine libanaise. Ce courant soufi groupusculaire, mais très présent sur le Web, est dirigé aux Etats-Unis par Hisham al-Kabbani, son gendre. Véritable coqueluche des « Vulcains » - lobby néo-conservateur comprenant notamment Condoleeza Rice, Paul Wolfowitz et Richard Perle – ce religieux s’est fait un des chantres du renversement de Saddam Hussein, puis de la guerre contre le terrorisme. En octobre 2003, Kabbani a participé, à Washington, à une réunion du Centre Nixon pour utiliser le soufisme comme soutien des visées américaines au Proche-Orient et en Asie centrale. Y participaient, entre autres, l’orientaliste pro-israélien Bernard Lewis, Dick Cheney, Jebb Bush – frère du président - , Zalmay Khalizad – futur ambassadeur américain en Afghanistan, puis en Irak - et Eliott Abrams, anti-palestinien viscéral chargé par W. Bush… de faire « progresser la démocratie dans le monde ». Affirmant qu’aux Etats-Unis « 80% des mosquées », sont tenues par des extrémistes, Kabbani s’est autoproclamé « guide mondial de l’Ordre Naqshbandi » et a créé un « Conseil islamique suprême d’Amérique» (ISCA) dont il s’est fait élire président. Hedieh Mirahmadi, ancien conseiller de l’ambassade des Etats-Unis à Kaboul, et membre fondateur du « Comité pour le danger présent » créé en juillet 2004 pour sensibiliser l’Administration étasunienne à la « menace islamiste », en est le directeur. Qu’en est-il depuis ? On ne fera croire à personne que la CIA a abandonné son programme d’instrumentalisation des sectes musulmanes après le discours du Caire de Barack Obama, le 4 juin dernier.
Jaysh Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN) - vidéos :
http://www.liveleak.com/browse?tag=Jaish%20Al-Nakshabandia
http://www.liveleak.com/browse?tag=alnakshabandia-army
26 septembre 2009
CRITIQUES du livre de D. GORTEAU

Je recommande ce livre a toute personne ne connaissant que peu de choses sur cette région-là du monde, car en 273 pages, c’est toute l’histoire du Moyen-Orient (et des Etats-Unis) qui est résumée de manière concise et intelligente.
pour Unité Populaire, Piero Falotti
la suite : http://quefaire.e-monsite.com/rubrique,critiques-livre-de-gorteau,321377.html
04 septembre 2009
"war is personal" (photos)

Après la guerre... malaise et désarroi
Les 45 images en noir et blanc de l'Américain Eugene Richards, alignées au Couvent des Minimes, ne sont pas les plus spectaculaires, les plus atroces ou les plus sanglantes du festival de photojournalisme de Perpignan. Pour "War is Personal" ("La guerre est personnelle"), le photographe s'est rendu auprès de familles américaines dont le destin a basculé, balayé par la guerre en Irak. Angoisses et dépression, blessures physiques ou intérieures, inadaptation à la vie quotidienne, suicide... Richards a rapporté une série de petites histoires, à la fois banales et d'une tristesse infinie. (suite : h ttp://www.lemonde.fr/culture/article/2009/09/03/images-textes-la-bombe-d-eugene-richards-sur-l-irak_1235381_3246.html )
Site de Eugene Richards : http://www.eugenerichards.com/
27 août 2009
Evolution chez les chiites en Irak
L'alliance politique des factions chiites a volé en éclat en Irak.
En effet, le premier ministre Maliki, fort de son score aux régionales (janvier 2009), a voulu être le chef de la coalition des partis chiites aux prochaines élections législatives.

Abdelaziz Al-Hakim, chef pro iranien décédé
A l'assemblée, ses partenaires ont refusé son leadership et ont brisé l'alliance politique parlementaire.
Les pro-iraniens redoutent l'indépendance de Maliki vis-à-vis de Téhéran, la faction de Sadr a toujours été opposée sur le terrain aux "forces de sécurité" de Maliki et le parti de la Vertu (proche de Sadr dans ses opinions) a refusé aussi d'être derrière le premier ministre.
De plus, le principal parti pro-iranien vient de perdre son chef al-Hakim, décédé d'un cancer.
Son parti, fondé en Iran en 1982 par les services de la république islamique a fait disparaître le terme "révolution" de son nom. Un signe de plus de la normalisation de ce parti, en perte de vitesse depuis l'émergence de Maliki, chiite irakien qui se présente comme le garant de l'indépendance du pays face aux Américains, aux Kurdes et aux Iraniens.
20 août 2009
Vague d'attentats à Bagdad : 95 tués
Source : AFP Bagdad

Au moins 95 personnes ont été tuées et plus de 550 blessées mercredi dans un double attentat visant deux ministères à Bagdad.
Il s'agit de la journée la plus meurtrière dans Bagdad depuis le 1er février 2008, où 98 personnes avaient été fauchées par un attentat dans un marché populaire. Les autorités irakiennes ont aussitôt accusé les baassistes, membres du parti Baas au pouvoir sous l'ancien président Saddam Hussein, aujourd'hui dissous, et les extrémistes d'avoir perpétré les attaques contre les ministères des Affaires étrangères et des Finances.
"Dans les deux attaques, 95 personnes sont mortes et 563 ont été blessées", a affirmé un responsable du ministère de l'Intérieur. L'attentat le plus meurtrier s'est produit dans le centre-ville où un camion piégé a explosé devant le ministère des Affaires étrangères, à quelques mètres de l'entrée de la zone verte.
Une cinquantaine de personnes y ont été tuées et plus de 200 blessées, selon un dernier bilan des ministères de l'Intérieur et de la Défense. Un autre camion rempli d'une tonne d'explosifs, garé dans le même quartier que celui des Affaires étrangères, a été repéré et les explosifs désamorcés quelques minutes avant l'explosion prévue, a indiqué la police.
La seconde attaque, un attentat-suicide au camion piégé, a visé le ministère des Finances. "Un kamikaze a fait sauter son camion frigorifique avec 1,5 tonne d'explosifs à proximité du ministère. Cette attaque criminelle montre que les terroristes visent les infrastructures du pays et les civils", indique un communiqué du ministère des Finances. Le camion se trouvait sur le pont d'une voie rapide reliant le nord au sud de la capitale. Un tronçon de 30 mètres du pont s'est effondré et des voitures ont été précipitées dans le vide, selon un policier. C'est la seconde fois depuis 2007 que ce ministère est visé. "Plusieurs directeurs généraux du ministère sont hospitalisés dans notre établissement", a affirmé le responsable de la Cité médicale, sous couvert de l'anonymat.
Par ailleurs, une voiture piégée a explosé dans l'ouest de Bagdad et deux obus de mortier sont tombés dans la zone verte et un troisième à l'extérieur, sans faire de victime.
Ces attaques et le nombre élevé de civils tués montrent que le gouvernement de Maliki ne maîtrise pas encore la situation depuis le retrait des forces américaines des villes fin juin 2009.
Des rebelles soufis inquiètent les Américains dans le nord de l’Irak
Source : L’Orient / Le Jour (Liban) mercredi, août 19,
2009 (tranmis par G. Munier)
Le
groupe de Nakshabandia est formé de baassistes nostalgiques et d'anciens
officiers.
Ezzat al-Douri, toujours activement recherché par les occupants
Des insurgés soufis, dirigés notamment par l'ancien bras droit de Saddam
Hussein, l'insaisissable Ezzat al-Douri, sont devenus un des principaux sujets
d'inquiétude des forces américaines et irakiennes dans le nord de l'Irak. Ce
groupe dénommé Jaish Rijal al-Tariqa Nakshabandia (JRTN), qui signifie l'Armée
des adeptes de Nakshabandia, compte des Arabes, des Kurdes et des Turcomans, est
en train de prendre l'ascendant sur el-Qaëda en dénonçant les exactions commises
par les affidés d'Oussama Ben Laden. « Ce groupe risque d'être une sérieuse
menace durant longtemps pour les autorités », confie à l'AFP le commandant Chuck
Assadourian, chef du renseignement de la 2e brigade de la première division de
cavalerie de l'armée américaine à Kirkouk. « C'est le plus grand danger »,
renchérit le chef de la police de la province, le général Jamal Taher
Bakr.
Le Jaish Rijal al-Tariqa Nakshabandia dénonce les attaques suicide et al-Qaïda
La JRTN a été formellement constituée fin 2006, la nuit de l'exécution de l'ancien dictateur, et ses meneurs sont des dignitaires baassistes comme Ezzat al-Douri ou l'ancien ministre de l'Intérieur Mohammad Younès, explique le commandant américain. Ils ont choisi d'emprunter leur nom à un ordre soufi originaire du sous-continent indien et implanté dans le nord de l'Irak depuis deux siècles, car beaucoup d'habitants de la région affirment suivre cette école mystique islamique.
Constituée de nostalgiques du parti Baas et d'anciens officiers, la JRTN affirme publiquement être contre les attentats-suicide et affiche dans ses communiqués son opposition aux attaques contre les civils et les policiers, ce que réfutent avec vigueur les forces de sécurité irakiennes.
Si les attentats les plus sanglants portent le label d'el-Qaëda, les Nakshabandia, présents aussi dans la province de Salaheddine, berceau familial de Saddam Hussein, sont spécialisés dans le lancer de grenades et les bombes cachées sur le bord des routes, selon le commandant Assadourian.
Pour l'officier américain, la bataille sera longue et la victoire passe par la réconciliation politique avec les anciens baasistes et une meilleure représentation politique des sunnites, qui avaient boycotté les élections générales de 2005. « Il doit y avoir une véritable volonté politique d'intégrer les nombreux technocrates de l'ancien régime, car l'interdiction faite à beaucoup de baassistes d'occuper des postes de responsabilité crée une situation conflictuelle », assure le commandant américain.
16 août 2009
Des minorités visées dans la région de Mossoul...
Le gouvernement régional kurde et les dirigeants sunnites de la province de Ninive s'accusent d'être derrière les récents attentats qui ont visés des minorités ethno-religieuses dans cette région.

Un "grand Kurdistan" est-il un danger pour les non kurdes ?
En effet des Yésidis, des Chabaks, des Chrétiens et autres Turcomans sont des minorités qui vivent dans la zone entre les Kurdes (nord) et les Arabes sunnites (est). Plusieurs attentats ont tués des centaines de civils depuis des années dans cette région...
Les nationalistes kurdes revendiquent ces territoires et sont accusés de faire pression sur les minorités pour qu'elles fuient ou demandent la "protection" de soldats kurdes.
"Nous regrettons de voir les dirigeants de la liste al-Hadba (sunnite) s'opposer aux principes de la démocratie et de la coexistence pacifique en accusant la région du Kurdistan d'être partie prenante des dernières attaques terroristes à Ninive", affirme dimanche un communiqué du gouvernement kurde. Le 10 août, deux camions piégés, garés à quelques centaines de mètres l'un de l'autre, ont ravagé à une minute d'intervalle au petit matin le village de Khaznah, faisant 28 morts et 155 blessés : 35 maisons ont été détruites dans cette localité prospère où vivent 3 500 chabaks, en majorité des commerçants et des agriculteurs. Cette secte kurdophone, chiite ou sunnite, d'environ 30 000 personnes est dispersée dans une cinquantaine de villages de cette province.
"Nous avons été patients jusqu'à présent pour préserver la tranquillité et la stabilité et pour les empêcher de nous entraîner dans une confrontation aux conséquences terribles", ajoute le porte-parole kurde.
Ces violences aux commanditaires floues se déroulent sur fond de revendications kurdes qui s'opposent aux provinces sunnites et au gouvernement de Bagdad las des manifestations d'indépendance des Kurdes.
Les Kurdes les plus extrémistes ou les plus cyniques comme les partisans du désordre peuvent être derrière ces attentats d'une rare violence...
03 août 2009
Un colonel us parle
Source : http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2009/08/irak-le-ressentiment-dun-colon.html

avec des amis comme Maliki, pas besoin d'ennemis...
Le colonel Reese, gradé de poids en Irak, a rendu public une lettre qui traduit la lassitude de nombre de soldats us en Irak 6 années après la chute de Bagdad.
Il constate la fin de la rébellion organisée mais surtout critique l'attitude du "gouvernement" irakien qui n'a de relations avec les occupants que pour se fournir en armes et en matériel !
Depuis le retrait des forces us des villes, les autorités de Bagdad sont très distantes avec les occupants...
Face à cette situation, le colonel Reese propose d'accélérer le retrait, faute de quoi des incidents pourraient déraper entre "gouvernement" et occupants.
Extraits :
"Compte tenu de l’interprétation que fait le gouvernement irakien de l’accord de sécurité, les troupes américaines sont aujourd’hui en danger. L’Irak n’est pas réputé pour bien traiter, même ses soi-disant invités. Le danger qu’un incident violent rompe notre partenariat a considérablement augmenté depuis le 30 juin. Une telle rupture nous obligerait à un départ non planifié, qui mettrait en danger nos intérêts à long terme en Irak, et ruinerait les acquis que nous avons obtenus depuis 2003.
Les remarques qui vont suivre se fondent sur mon expérience dans la province de Bagdad, mais ce que je sais de la situation ailleurs suggère que le même constat peut y être dressé.
L’absence de progrès dans la fourniture des services à la population et en matière de bonne gouvernance est maintenant si manifeste qu’il est clair que notre présence ne nous permet plus de conduire les Irakiens dans la bonne direction. Les principaux problèmes sont :
- L’inefficacité et la corruption dans les ministères. La campagne anti-corruption n’est guère plus qu’un outil de propagande pour Maliki.
- L’échec du gouvernement pour améliorer l’infrastructure électrique, l’exploration, la production et l’exportation du pétrole.
- Une violence et des intimidations rampantes aussi bien dans les institutions civiles que chez les militaires.
- Notre vice-président, Joe Biden, a reçu début juillet un accueil plutôt froid lorsqu’il s’est entendu dire publiquement que les affaires intérieures de l’Irak n’étaient plus du domaine des Américains.
Le renforcement des forces de sécurité irakiennes (FSI) est beaucoup plus lent que ce que nous attendions, compte tenu des efforts et de tout l’argent que nous avons investi. A partir de 2004, nous avons modelé les FSI en une force de combat. Elles sont arrivées au point où elles ont vaincu l’insurrection organisée, même si elles sont à peine auto-suffisantes. C’est un succès remarquable, dont beaucoup doivent être fiers.
(...)
- La corruption parmi les officiers est grande.
- Le népotisme est rampant dans les nominations. La paresse est endémique. Il en résulte un manque d’initiative généralisé.
Depuis le début des renforts américains en 2007, le ministère de la Défense et le Commandement des Opérations à Bagdad sont incapables de garantir l’accord du Premier ministre sur leurs actions. Ils sont incapables d’affronter les partis politiques chiites. Incapables de faire régner la discipline parmi leurs troupes. Enfin incapables d’honorer leurs engagements vis-à-vis de nous.
Comme l’a dit Maliki, le 30 juin représente « une grande victoire » sur les Américains et « un changement fondamental » dans leur partenariat avec nous. De récents événements le montrent :
- Le commandement irakien impose unilatéralement des restrictions aux forces américaines, même si c’est en violation du pacte de sécurité.
- Des incidents dans la « Zone internationale » ont eu lieu récemment. Les FSI n’ont pas hésité à passer en force à un barrage, dont elles ont pris le contrôle entre le 1er et le 4 juillet.
- La froideur soudainement manifestée vis-à-vis des conseillers américains, tandis que d’autres ne sont plus invités à participer à des réunions.
- La justice qui se dit prête à libérer des individus détenus, qui avaient attaqué des soldats américains.
Nous sommes face à la quadrature du cercle. Nous faisons des opérations de soutien à un gouvernement qui ne réclame plus notre aide, tandis que dans le même temps ces opérations continuent de générer une opposition de la part de groupes qui les utilisent comme un joker pour la conquête du pouvoir, dans un Irak post-occupation.
Certes, le gouvernement et les FSI vont continuer de « presser » les Américains pour qu’ils leur fournissent ce dont ils ont besoin jusqu’à la fin 2011. Mais ils vont tout faire pour réduire notre soutien à la sécurité et aux réformes politiques pourtant indispensables au redémarrage du pays. Ils vont nous tolérer aussi longtemps qu’ils vont pouvoir sucer les glandes mammaires de l’Oncle Sam.
Aujourd’hui, le potentiel de violence irakienne contre nous est élevé, et il va augmenter de jour en jour. De part et d’autre, le ressentiment va enfler, jusqu’à ce qu’un violent incident vienne crever l’abcès. Si cela devait arriver, cela ruinerait notre partenariat avec les Irakiens, et nous forcerait à partir dans des conditions très défavorables.
La réalité a changé plus vite que nous le prévoyons depuis la signature de notre accord de sécurité avec les Irakiens. Nous avons maintenant un gouvernement Maliki qui a trouvé son équilibre et pense qu’il peut conduire le tandem tout seul. Notre présence sur le siège arrière leur cause du ressentiment. On doit descendre avant que nous chutions, tous les deux.
Par conséquent, les Etats-Unis doivent déclarer leur intention de retirer toutes leurs forces militaires d’Irak, d’ici à août 2010. Ce ne serait pas un changement radical, mais une accélération de nos plans de quinze mois seulement. Le gouvernement irakien ne serait pas pour autant renversé par la guérilla, comme ce pouvait être le cas entre 2006 et 2008. Al-Qaida est devenu très faible, et il n’y a plus d’insurrection organisée.
Pendant cette période de retrait, les Etats-Unis et l’Irak doivent définir un nouvel accord de partenariat stratégique, qui prévoirait une présence militaire américaine durable dans une à trois bases (d’entraînement, aériennes, et près de centres stratégiques). Cela nous éviterait les complications liées aux effets résiduels de l’invasion et de notre occupation de l’Irak. »