observatoire de la guerre en IRAK

plus d'analyses sur http://quefaire.e-monsite.com

06 décembre 2009

Les députés irakiens s’empiffrent ! par G. Munier

Les nouveaux voleurs de Bagdad

G. Munier relate le quotidien des députés irakiens... Affolant !

la corruption ? Une caractéristique des Etats faibles

 Les députés irakiens s’accrochent à leur siège. On comprend pourquoi depuis que leurs privilèges, exorbitants, ont été rendus publics. Ils touchent 25 500$ par mois, auxquels s’ajoute une prime de 8 500$ - également mensuelle - pour rémunérer une trentaine de secrétaires et de gardes du corps. La plupart des « élus » conservent cette somme pour eux - ou sa majeure partie – car, vivant à l’étranger, ils n’emploient des miliciens ou des membres de leur tribu - généralement sous payés – qu’à l’occasion de passages éclairs à Bagdad, dans la Zone verte. Le quorum de 138 députés n’étant jamais atteint, les lois sont votées à la majorité des présents, ou à main levée - comme en octobre 2006 - pour empêcher tout décompte et faire passer en force celle instaurant le fédéralisme.

Suite : http://www.france-irak-actualite.com/article-les-deputes-irakiens-s-empiffrent--40658329.html

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25 novembre 2009

Enquêtes sur le rôle des Britanniques en Irak...

Plusieurs enquêtes ont été lancées à Londres au sujet du rôle de la Grande Bretagne dans l'invasion de 2003.

Basée sur des mensonges d'Etat l'agression anglo-américaine n'en finit pas de faire des vagues en Angleterre.

Agitée par certaines familles des 179 soldats de sa majesté tués en Irak, les parlementaires ont lancé une troisième enquête sur la mécanique de la guerre. Deux enquêtes avaient toujours épargné A. Blair, mais là, des documents inédits ont été déclassifiés et des langues pourraient se délier. Un haut gradé a même expliqué que les Américains traitaient leurs auxiliaires britanniques "pas mieux que des Portugais" (sic).

De plus, le ministère de la Défense va ouvrir une enquête suite à des accusations d'exactions des mêmes soldats britanniques en Irak : selon des témoins 20 civils irakiens détenus au camp d'Abu Naji ont été tués et des prisonniers irakiens torturés après une bataille entre insurgés et militaires britanniques près de la ville d'Al Majar-al-Kabir (sud de l'Irak) en mai 2004...

Dans le sud de l'Irak les soldats britanniques sont aussi soupsonnés d'avoir manipulés des groupes terroristes. Des agents britanniques avaient été brièvement arrêtés par une milice locale. Ils étaient déguisés en arabe et transportaient des explosifs dans une voiture banalisée...

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19 novembre 2009

le site de la résistance baasiste /sunnite

En anglais l'actualité des groupes de résistance issus du parti Baas et des groupes islamo-nationalistes en lutte contre le "gouvernement" et les occupants.

http://www.heyetnet.org/eng/

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18 novembre 2009

Enquête sur les crimes britanniques en Irak

Humiliations de prisonniers irakiens...

Le ministère de la Défense britannique a annoncé vendredi l’ouverture d’une enquête pour des actes de torture en Irak. 33 cas vont être étudiés afin de découvrir si ces allégations sont vraies et de faire passer en justice les responsables. Les actes dénoncés par des civils irakiens sont comparables aux affaires d’Abou Ghraïb : humiliations, violences et abus sexuels.

L’avocat Phil Shiner a déposé la semaine dernière un dossier comprenant 33 plaintes de civils irakiens accusant des militaires britanniques de les avoir torturés au cours de détentions principalement dans le camp de Bucca près de Bassorah. Selon l’avocat, il aurait eu connaissance de plusieurs centaines de cas.

Les plaignants ont déclaré avoir été victimes de diverses pratiques parfaitement illégales entre 2003 et 2007. Comme pour Abou Ghraïb, il s’agit d’un mélange de violences physiques et morales basées sur les craintes culturelles des Irakiens. Les humiliations sexuelles, le recours à des chiens ou l’exposition à la nudité sont des abus récurrents dans ce type d’affaires.

Les femmes prennent une place de premier rang dans ces humiliations. Plusieurs prisonniers se plaignent d’avoir été abusés sexuellement par des femmes soldats. C’est la première fois que des personnels féminins sont impliqués à un tel degré. Plusieurs plaignants racontent avoir été forcés de regarder leurs geôliers, hommes et femmes, pratiquer des actes sexuels entre eux.

Le journal anglais The Independant dévoile plusieurs histoires. Parmi elles, un homme de 35 ans qui aurait été victimes d’abus sexuels dans l’hôpital du camp. Une infirmière aurait tenté de le violer après l’avoir gavé de médicaments. Elle aurait également eu des rapports avec d’autres hommes devant lui. Elle lui aurait demandé de ne pas dévoiler ces faits à ses supérieurs, ce qui laisse penser que la hiérarchie n’était pas au courant de tout. L’un des plaignants dénonçant des abus sexuels était âgé de 16 ans au moment des faits.

Le ministère de la Défense britannique rappelle par la voix de Bill Rammell, secrétaire d’Etat aux forces armées que "l’immense majorité des 120 000 militaires qui ont servi en Irak se sont conduits selon les plus hauts critères de courage". Il a également déclaré que cette "affaire était prise très au sérieux".

Ce scandale rappelle le souvenir d’Abou Ghraïb qui continue de soulever de nombreuses interrogations. Les nombreuses preuves détruites ont choqué l’opinion occidentale et ont eu un effet dévastateur sur le monde musulman. Ces dérives donnent des arguments de poids au Islamistes qui y voient la preuve évidente de la légitimité de leur combat.

source : http://www.actudefense.com/

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CRIMES DE GUERRE A FALLUJAH

En 2004 les soldats us ont attaqué la ville de Fallujah

la presse italienne et d'autres journalistes ont prouvé que des armes au phosphore avaient été utilisé

http://www.guardian.co.uk/world/2009/nov/13/falluja-cancer-children-birth-defects

 

En septembre dernier, sur 170 enfants nés au principal l’hôpital de Fallujah, 24% sont morts la première semaine, ¾ présentaient des difformités (pas de tête, deux têtes, un seul œil, pas de membres). En 2002, dans le même hôpital, sur 530 naissances, 6 bébés étaient morts, un seul présentait des difformités.

Des médecins irakiens et britanniques mettent cause l’utilisation de phosphore blanc et de munitions à l’uranium appauvri utilisée lors des bombardements de la ville en 2004 par l’armée d’occupation. Ils demandent aux Nations unies d’ouvrir une enquête indépendante.

 

Une pétition a été lancée pour soutenir cette initiative :

http://www.petitiononline.com/hdcif/petition.html

Signature:

http://www.petitiononline.com/hdcif/petition-sign.html

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10 octobre 2009

BLAIR pris à partie !

Source : AFP Londres

"je ne vous serre pas la main, vous avez du sang dessus"

Un service religieux organisé vendredi en la cathédrale Saint Paul de Londres en l'honneur des soldats britanniques ayant servi en Irak, a été suivi d'un incident entre le père d'un soldat tué et l'ex-Premier ministre Tony Blair.

M. Blair, qui avait engagé la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak, s'est joint au président irakien Jalal Talabani et à la reine Elizabeth II pour cette cérémonie religieuse en hommage aux quelque 100 000 militaires et civils britanniques qui ont été dépêchés en Irak depuis 2003, ainsi qu'aux 179 soldats qui y sont morts.

Au cours d'une réception offerte après le service religieux à Guildhall, l'ancien hôtel de ville de Londres, le père d'un soldat mort en Irak a refusé de serrer la main de Tony Blair.

Peter Brierley, qui a perdu son fils Shaun Brierley âgé de 28 ans, a dit à l'ex-Premier ministre : "je ne vous serre pas la main, vous avez du sang dessus".

"Je crois que Tony Blair est un criminel de guerre. Je ne peux pas supporter d'être dans la même pièce que lui. Je ne peux pas croire qu'il ait été invité à cette réception", a déclaré M. Brierley peu après.

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09 octobre 2009

« Je ne suis pas un héros » Muntadhar al-Zaidi

Muntadhar_al-Zaidi.jpg image by hmbn

Ainsi se qualifie simplement Muntadhar al-Zaidi, le journaliste irakien, qui lança sa chaussure à la tête de George Bush, l’an dernier, acte par lequel il a été porté aux nues dans le monde arabe et fait la une des médias internationaux.

Extraits de sa conférence de presse, tenue le 15 septembre à Bagdad :

« Je suis  libre mais mon pays est toujours prisonnier de guerre… Je répondrai que ce qui m’a conduit à venir est l’injustice qui frappe mon peuple et la manière dont l’occupation a voulu humilier ma patrie en la foulant aux pieds. Comment elle a voulu aussi écraser les crânes de ses fils sous sa botte, cheikhs, femmes, enfants ou hommes. Au cours des cinq dernières années, plus d’un million de martyrs sont tombés sous les balles de l’occupation et le pays compte maintenant plus de 5 millions d’orphelins, plus d’un million de veuves et des centaines de milliers d’estropiés. Et, plusieurs millions de sans abri, à cause des déplacements à l’intérieur ou à l’étranger…

Nous étions une nation où les Arabes partageaient avec les Turcomans, les Kurdes, les Assyriens, les Sabéens et les Yézidis leur pain quotidien. Les chiites priaient à côté des sunnites, les musulmans célébraient avec les chrétiens la naissance du Christ… Que la paix soit sur lui ! Il en était ainsi en dépit de la faim et des sanctions qui nous ont été imposées pendant plus de dix ans. Notre patience et notre solidarité ne nous faisaient pas oublier l’oppression. Jusqu’à ce que nous fussions envahis par l’illusion de la libération que certains entretenaient…..

Je ne suis pas un héros… J’étais humilié de voir mon pays humilié. De voir Bagdad brûler… Des dizaines, non des centaines d’images de massacres qui blanchiraient les cheveux d’un nouveau-né m’amenaient les larmes aux yeux et me blessaient. Le scandale d’Abou Ghraib, les massacres de Fallujah, de Nadjaf, d’Haditha, de Sadr City, de Bassora, de Diyala, de Mossoul, de Tel Afar, et chaque pouce de mon pays blessé. Ces dernières années, j’ai parcouru mon pays et vu de mes propres yeux la souffrance des victimes et entendu les cris des endeuillés… Je serrais les poings et faisais une promesse à nos victimes, de les venger.

Quand l’occasion survint, je la saisis. (…)

En jetant ma chaussure à la figure du criminel Bush, je voulais exprimer mon refus de ses mensonges, de l’occupation de mon pays, du massacre de mon peuple ; mon refus de voir piller les richesses de mon pays, détruire son infrastructure ; de forcer ses enfants à l’exil en diaspora.

Après six ans d’humiliation, d’indignité, de tueries et de violations de l’intimité (des femmes irakiennes), de profanation des lieux saints, le tueur est venu, se vantant, criant victoire et démocratie. Il était venu dire au revoir et s’attendait à des fleurs.

Ce fut ma fleur, à l’occupant et à tous ceux ligués avec lui… avant et après l’occupation… Comment poser une question à Bush en dehors du cadre de la conférence de presse ? C’était interdit.

Si j’ai fait du tort au journalisme malgré moi, à cause de l’embarras où je l’ai mis, je le regrette sincèrement… L’Histoire regorge d’événements où la profession s’est compromise avec les politiciens américains, par exemple, lors de la tentative d’assassinat de Fidel Castro où des agents de la CIA, se posant en journalistes de la télévision cubaine, avaient piégé la caméra qu’ils emportaient ou encore lorsqu’elle a trompé l’opinion publique sur ce qui se passait réellement pendant la guerre en Irak. Mais je voudrais attirer l’attention sur le fait que les services secrets américains et ceux qui les suivent ne cesseront de me traquer (parce que) je suis un rebelle opposé  à leur occupation. Ils essaieront de me tuer ou de me neutraliser… (physiquement, socialement ou professionnellement).

(Muntadhar al-Zaidi évoque ensuite les tortures odieuses qu’il a subies, juste après son arrestation) … « la conférence de presse se poursuivait, j’entendais les voix des participants et ils entendaient peut-être mes gémissements et mes cris… Je donnerai plus tard les noms de ceux qui m’ont torturé : certains étaient des personnages de haut rang du gouvernement et de l’armée… Ils (les Américains) se vanteront de la duperie et des moyens qu’ils ont utilisés pour arriver à leur objectif. Cela n’est pas étonnant et ne diffère en rien de ce qui est arrivé aux Indiens des Etats-Unis aux mains des colonialistes. Et, ici, je leur dis (aux occupants) et à ceux qui les suivent et à tous ceux qui les soutiennent et prennent fait et cause pour eux. Jamais plus.

Nous sommes un peuple qui mourra plutôt que de subir l’humiliation.

Pour finir, je préciserai que je suis indépendant, je n’appartiens à aucun parti politique… On a dit, pendant que l’on me torturait, que j’étais d’extrême droite, ou d’extrême gauche… Désormais, je m’efforcerai de secourir les veuves et les orphelins, tous ceux dont les vies ont été détruites par l’occupation… Et, à mon pays bien-aimé, je dis : si la nuit d’injustice se prolonge, elle n’empêchera pas le soleil de se lever et ce sera le soleil de la liberté… ».

Muntadhar al Zaidi en appelle au gouvernement pour examiner le sort de centaines de prisonniers pourrissant dans les prisons depuis des années, sur la dénonciation d’un informateur, comme il le leur a promis.

Source : Gilles Munier

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Irak : la résistance naqshbandi

Irak : la résistance naqshbandi
par Gilles Munier  (Afrique Asie – octobre 2009 et http://gmunier.blogspot.com/ )

De l’avis du commandement américain, l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya - Jaysh Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN) - est aujourd’hui l’organisation de la résistance irakienne qui menace le plus le régime de Bagdad. Officialisée le 30 décembre 2006, dans la nuit de l’exécution du président Saddam Hussein, elle fait partie du Commandement suprême pour le Jihad et la Libération, le front dirigé par Izzat Ibrahim al-Douri, chef du parti Baas clandestin, dont le tête est mise à prix 10 millions de dollars : mort ou vif !

Selon le général James Nixon, commandant des troupes d’occupation dans les régions de Diyala et de Kirkouk, la confrérie soufie Naqshbandiyya est entrée en résistance, dès 2003, sur les hauteurs surplombant le lac Hamrin, au nord-est de Bagdad. La guérilla y était dirigée, dit-il, par Abdurahman Naqshbandi, ancien officier de l’armée irakienne. En Irak, cela n’étonnera personne, cette famille étant connue pour son nationalisme et sa participation au renversement de la monarchie pro britannique en 1958. Le général note que la JRTN n’a rien à voir avec « Al-Qaïda en Mésopotamie », qu’elle est « bien organisée », et d’autant plus dangereuse qu’elle est « en contact avec des éléments de l’ancien régime », c'est-à-dire Izzat Ibrahim. Son logo représente d’ailleurs la carte de la Nation arabe, objectif ultime du baasisme.

Soufisme et résistance
Le soufisme a des racines profondes dans la société irakienne. Les deux principales confréries, la Qadiriyya et la Naqshbandiyya, y ont toujours été très actives. La Qadiriyya – à laquelle les ordres Rifaiyya et Caznazaniyya sont liés - tire son nom d’Abdelkader al-Gilani, théologien mort à Bagdad et enterré en 1166. Cette tariqa - voie soufie –, fut la première fondée dans le monde musulman. Elle demeure la plus importante. L’émir Abdelkader, qui s’opposa à la conquête de l’Algérie par les Français en 1830, était un de ses disciples. En Irak, le nom de Gilani est également lié au coup d’Etat anti-britannique de Rachid Ali al-Gilani et des officiers du Carré d’or, en 1941, dont l’exemple inspira le colonel Nasser et les mouvements anti-coloniaux au Maghreb. Après la prise de Bagdad en 2003, le cheikh Abdul Afif al-Gilani qui prônait l’attentisme, voire le dialogue avec les occupants, sous prétexte d’éviter que l’Irak ne sombre dans la guerre civile, s’enfuit à Kuala Lumpur pour échapper à la colère des qadiris. Un groupe d’auto-défense fut aussitôt créé pour protéger le sanctuaire d’al-Gilani des attaques des milices chiites pro-iraniennes et des salafistes d’Abou Mussab al-Zarqaoui qui traitent les soufis d’hérétiques. En avril 2006, un « Escadron Abdelkader al-Gilani » annonça sa constitution, mais on n’a guère entendu parler de lui depuis.

La Naqshbandiyya tire son nom de Baha’uddin Naqshband, théologien né en 1317 près de Boukhara. Elle se distingue des autres ordres soufis qui font remonter leur chaîne initiatique au Prophète Muhammad par Ali, son gendre et 4ème calife, en se prévalant d’enseignements secrets transmis préalablement par Abou Bakr, premier calife. La branche irakienne de la confrérie appartient à la Naqshbandiyya-Khalidiyya, du nom de son fondateur Cheikh Khalid - mort en 1857 -, originaire de Shahrazur, bourgade kurde de Mésopotamie. L’ordre qui s’implanta rapidement dans l’empire Ottoman, en Asie centrale et en Inde, s’opposa dès sa création aux déviations imposées en Perse à l’islam par la dynastie chiite safavide. Il demeure très influent dans le Caucase où l’imam naqshbandi Chamil, chef légendaire de la résistance anti-russe, fonda au 19ème siècle un Etat régi par la charia comprenant la Tchétchénie et le Daghestan.

Foi, ascétisme et guérilla
En Irak, la Naqshbandiyya s’est préparée à résister dès la fin 2002, mais n’a signé ses opérations, pour des raisons d’efficacité, que bien plus tard. C’est pourtant un commando naqshbandi qui créa la première grande panique dans la Zone verte, le 26 octobre 2003 à l’aube, en attaquant au lance- roquettes l’hôtel al-Rashid où dormait Paul Wolfowitz, n°2 du Pentagone, faisant plusieurs victimes dont un général américain. En 2004, ses moudjahidine participèrent à la bataille de Fallujah, puis à celle de Samarra. Aujourd’hui, selon les Américains, il y aurait de 2 à 3000 combattants naqshbandis, rien que dans la région de Kirkouk, qui harassent les bases américaines. Dans la conjoncture actuelle, la multiplicité des organisations de résistance apparaît à la JRTN comme une nécessité. Elle affirme qu’un commandement unique nuirait à leur capacité d’action sur le terrain, faciliterait le travail de sape des occupants. En interdisant clairement les attentats aveugles et l’exécution d’Irakiens - sauf s’il s’agit de collaborateurs - elle marque sa différence de méthode avec al-Qaïda. Mais ce qui fait la force de l’ « Armée Naqshbandi », c’est la foi religieuse, le mode de vie ascétique et le patriotisme de ses membres, son aptitude à transcender les clivages ethniques, et son encadrement composé de militaires de l’ancienne armée irakienne.

La CIA, « Le Pape » de la Casnazaniyya, et les « Rockstars »
La confrérie soufie Casnazaniyya, branche de la Qadiriyya, est connue en Irak pour ses cérémonies mystiques à la fin desquelles des derviches en extase s’entaillent la langue au rasoir, se transpercent avec des pics, ou se plantent un poignard dans le crâne. La foi qui les anime, l’insensibilité à la douleur et l’étonnante rapidité de cicatrisation des plaies, sont la preuve que Dieu - selon la secte - accomplit des miracles par l'entremise de leur cheikh. Muhammad al-Kasnazani, leur maître actuel, était connu pour ses relations avec plusieurs dirigeants irakiens, dont Izzat Ibrahim al-Douri. A la fin des années 70, il avait donné un gage de loyauté en créant une milice qui pourchassait les peshmergas de Jalal Talabani, actuel président de la République. Recruté par la CIA, sous le nom de code « le Pape », il aurait participé en 1995 à une tentative de renversement du président Saddam Hussein. D’après des documents saisis par les Américains, au siège des services secrets irakiens en 2003, Muhammad al-Kasnazani et ses fils Nehru et Gandhi – nom de code « Rockstars » - jouaient double jeu. En 2001, Muhammad, autre fils du cheikh, fut jeté en prison pour s’être alloué du pétrole de contrebande en imitant la signature de Saddam Hussein. Condamné à mort avec ses deux frères impliqués dans l’escroquerie, ils furent libérés grâce à l’intervention d’un ancien dirigeant kurde communiste, devenu soufi. Réfugiés avec leur père à Soulimaniya - sous la protection de Talabani - ils aidèrent les Américains à s’emparer de Bagdad en fournissant des listes de responsables baasistes à arrêter. Déçu de n’avoir pas été nommé ministre du nouveau régime, Nehru s’est transformé en homme d’affaires. Il a créé un quotidien, un parti politique et une société de sécurité. En 2009, il s’est offert les services d’une lobbyiste, ancien agent de liaison entre le commandement américain à Bagdad et l’armée du régime. Elle lui a ouvert les portes du Congrès américain. Depuis, Nehru se verrait bien président de la République irakienne.

Le « bon Naqshbandi » des néo-conservateurs
Attention ! Ne pas confondre la Naqshdandiyya, dont l’Armée Naqshbandi d’Irak est issue… et l’ordre Naqshbandi qui se prévaut des enseignements de Nazim al-Haqqani, mufti d’origine libanaise. Ce courant soufi groupusculaire, mais très présent sur le Web, est dirigé aux Etats-Unis par Hisham al-Kabbani, son gendre. Véritable coqueluche des « Vulcains » - lobby néo-conservateur comprenant notamment Condoleeza Rice, Paul Wolfowitz et Richard Perle – ce religieux s’est fait un des chantres du renversement de Saddam Hussein, puis de la guerre contre le terrorisme. En octobre 2003, Kabbani a participé, à Washington, à une réunion du Centre Nixon pour utiliser le soufisme comme soutien des visées américaines au Proche-Orient et en Asie centrale. Y participaient, entre autres, l’orientaliste pro-israélien Bernard Lewis, Dick Cheney, Jebb Bush – frère du président - , Zalmay Khalizad – futur ambassadeur américain en Afghanistan, puis en Irak - et Eliott Abrams, anti-palestinien viscéral chargé par W. Bush… de faire « progresser la démocratie dans le monde ». Affirmant qu’aux Etats-Unis « 80% des mosquées », sont tenues par des extrémistes, Kabbani s’est autoproclamé « guide mondial de l’Ordre Naqshbandi » et a créé un « Conseil islamique suprême d’Amérique» (ISCA) dont il s’est fait élire président. Hedieh Mirahmadi, ancien conseiller de l’ambassade des Etats-Unis à Kaboul, et membre fondateur du « Comité pour le danger présent » créé en juillet 2004 pour sensibiliser l’Administration étasunienne à la « menace islamiste », en est le directeur. Qu’en est-il depuis ? On ne fera croire à personne que la CIA a abandonné son programme d’instrumentalisation des sectes musulmanes après le discours du Caire de Barack Obama, le 4 juin dernier.


Jaysh Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN) - vidéos :
http://www.liveleak.com/browse?tag=Jaish%20Al-Nakshabandia
http://www.liveleak.com/browse?tag=alnakshabandia-army

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26 septembre 2009

CRITIQUES du livre de D. GORTEAU


Je recommande ce livre a toute personne ne connaissant que peu de choses sur cette région-là du monde, car en 273 pages, c’est toute l’histoire du Moyen-Orient (et des Etats-Unis) qui est résumée de manière concise et intelligente.

pour Unité Populaire, Piero Falotti

la suite : http://quefaire.e-monsite.com/rubrique,critiques-livre-de-gorteau,321377.html


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04 septembre 2009

"war is personal" (photos)

Source : http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/09/03/images-textes-la-bombe-d-eugene-richards-sur-l-irak_1235381_3246.html

Après la guerre... malaise et désarroi

Les 45 images en noir et blanc de l'Américain Eugene Richards, alignées au Couvent des Minimes, ne sont pas les plus spectaculaires, les plus atroces ou les plus sanglantes du festival de photojournalisme de Perpignan. Pour "War is Personal" ("La guerre est personnelle"), le photographe s'est rendu auprès de familles américaines dont le destin a basculé, balayé par la guerre en Irak. Angoisses et dépression, blessures physiques ou intérieures, inadaptation à la vie quotidienne, suicide... Richards a rapporté une série de petites histoires, à la fois banales et d'une tristesse infinie. (suite : h ttp://www.lemonde.fr/culture/article/2009/09/03/images-textes-la-bombe-d-eugene-richards-sur-l-irak_1235381_3246.html )

Site de Eugene Richards : http://www.eugenerichards.com/

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