observatoire de la guerre en IRAK

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09 octobre 2009

« Je ne suis pas un héros » Muntadhar al-Zaidi

Muntadhar_al-Zaidi.jpg image by hmbn

Ainsi se qualifie simplement Muntadhar al-Zaidi, le journaliste irakien, qui lança sa chaussure à la tête de George Bush, l’an dernier, acte par lequel il a été porté aux nues dans le monde arabe et fait la une des médias internationaux.

Extraits de sa conférence de presse, tenue le 15 septembre à Bagdad :

« Je suis  libre mais mon pays est toujours prisonnier de guerre… Je répondrai que ce qui m’a conduit à venir est l’injustice qui frappe mon peuple et la manière dont l’occupation a voulu humilier ma patrie en la foulant aux pieds. Comment elle a voulu aussi écraser les crânes de ses fils sous sa botte, cheikhs, femmes, enfants ou hommes. Au cours des cinq dernières années, plus d’un million de martyrs sont tombés sous les balles de l’occupation et le pays compte maintenant plus de 5 millions d’orphelins, plus d’un million de veuves et des centaines de milliers d’estropiés. Et, plusieurs millions de sans abri, à cause des déplacements à l’intérieur ou à l’étranger…

Nous étions une nation où les Arabes partageaient avec les Turcomans, les Kurdes, les Assyriens, les Sabéens et les Yézidis leur pain quotidien. Les chiites priaient à côté des sunnites, les musulmans célébraient avec les chrétiens la naissance du Christ… Que la paix soit sur lui ! Il en était ainsi en dépit de la faim et des sanctions qui nous ont été imposées pendant plus de dix ans. Notre patience et notre solidarité ne nous faisaient pas oublier l’oppression. Jusqu’à ce que nous fussions envahis par l’illusion de la libération que certains entretenaient…..

Je ne suis pas un héros… J’étais humilié de voir mon pays humilié. De voir Bagdad brûler… Des dizaines, non des centaines d’images de massacres qui blanchiraient les cheveux d’un nouveau-né m’amenaient les larmes aux yeux et me blessaient. Le scandale d’Abou Ghraib, les massacres de Fallujah, de Nadjaf, d’Haditha, de Sadr City, de Bassora, de Diyala, de Mossoul, de Tel Afar, et chaque pouce de mon pays blessé. Ces dernières années, j’ai parcouru mon pays et vu de mes propres yeux la souffrance des victimes et entendu les cris des endeuillés… Je serrais les poings et faisais une promesse à nos victimes, de les venger.

Quand l’occasion survint, je la saisis. (…)

En jetant ma chaussure à la figure du criminel Bush, je voulais exprimer mon refus de ses mensonges, de l’occupation de mon pays, du massacre de mon peuple ; mon refus de voir piller les richesses de mon pays, détruire son infrastructure ; de forcer ses enfants à l’exil en diaspora.

Après six ans d’humiliation, d’indignité, de tueries et de violations de l’intimité (des femmes irakiennes), de profanation des lieux saints, le tueur est venu, se vantant, criant victoire et démocratie. Il était venu dire au revoir et s’attendait à des fleurs.

Ce fut ma fleur, à l’occupant et à tous ceux ligués avec lui… avant et après l’occupation… Comment poser une question à Bush en dehors du cadre de la conférence de presse ? C’était interdit.

Si j’ai fait du tort au journalisme malgré moi, à cause de l’embarras où je l’ai mis, je le regrette sincèrement… L’Histoire regorge d’événements où la profession s’est compromise avec les politiciens américains, par exemple, lors de la tentative d’assassinat de Fidel Castro où des agents de la CIA, se posant en journalistes de la télévision cubaine, avaient piégé la caméra qu’ils emportaient ou encore lorsqu’elle a trompé l’opinion publique sur ce qui se passait réellement pendant la guerre en Irak. Mais je voudrais attirer l’attention sur le fait que les services secrets américains et ceux qui les suivent ne cesseront de me traquer (parce que) je suis un rebelle opposé  à leur occupation. Ils essaieront de me tuer ou de me neutraliser… (physiquement, socialement ou professionnellement).

(Muntadhar al-Zaidi évoque ensuite les tortures odieuses qu’il a subies, juste après son arrestation) … « la conférence de presse se poursuivait, j’entendais les voix des participants et ils entendaient peut-être mes gémissements et mes cris… Je donnerai plus tard les noms de ceux qui m’ont torturé : certains étaient des personnages de haut rang du gouvernement et de l’armée… Ils (les Américains) se vanteront de la duperie et des moyens qu’ils ont utilisés pour arriver à leur objectif. Cela n’est pas étonnant et ne diffère en rien de ce qui est arrivé aux Indiens des Etats-Unis aux mains des colonialistes. Et, ici, je leur dis (aux occupants) et à ceux qui les suivent et à tous ceux qui les soutiennent et prennent fait et cause pour eux. Jamais plus.

Nous sommes un peuple qui mourra plutôt que de subir l’humiliation.

Pour finir, je préciserai que je suis indépendant, je n’appartiens à aucun parti politique… On a dit, pendant que l’on me torturait, que j’étais d’extrême droite, ou d’extrême gauche… Désormais, je m’efforcerai de secourir les veuves et les orphelins, tous ceux dont les vies ont été détruites par l’occupation… Et, à mon pays bien-aimé, je dis : si la nuit d’injustice se prolonge, elle n’empêchera pas le soleil de se lever et ce sera le soleil de la liberté… ».

Muntadhar al Zaidi en appelle au gouvernement pour examiner le sort de centaines de prisonniers pourrissant dans les prisons depuis des années, sur la dénonciation d’un informateur, comme il le leur a promis.

Source : Gilles Munier

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30 juin 2008

Moktada al-Sadr

    MOKTADA al SADR, qui est-il ? que veut-il ?

    Un spectre hante les occupants de l’Irak : l’indépendance !

    Plus de cinq longues années d’occupation n’ont pas entamé la détermination de millions de patriotes irakiens qui rejettent toutes les influences extérieures car les Américains ne sont pas les seuls à vouloir contrôler le carrefour énergétique et stratégique qu’est l’Irak.

    La suite : Sadr

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08 octobre 2007

Margaret Hassan

Dans les centaines d'histoires tragiques que charrie l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, l'histoire de M. Hassan est peut-être l'une des plus émouvante.

Margaret Hassan

Née en 1945 à Dublin Margaret Hassan s'installe en Irak dans les années 1970, elle y donne des cours et se fond dans la population en obtenant la nationalité irakienne (elle était mariée à un irakien résidant à Londres).

Après la guerre de 1991 elle dirige l'antenne locale de l'ONG humanitaire "Care International" cela avant comme après l'invasion de 2003.

En 2004 elle est enlevée par des inconnus. Ses ravisseurs font circuler une vidéo où M. Hassan semble assassinée par arme à feu par un individu cagoulé. Plusieurs de ses proches la reconnaissent. Son corps n'a, pour le moment, jamais été retrouvé...

On se demande qui a pu assassiner une personne si admirable. Dans les réseaux de la résistance irakienne on affirme que cet acte est anti-islamique. Al-Qaïda en Irak ne revendique pas le meurtre...

Des auteurs présumés de l'assassinat ont bien été arrêtés par la "police"irakienne mais l'information reste suspecte vu les méthodes des supplétifs des Américains.

Le journaliste R. Fisk suggère que cette mort abjecte servirait le gouvernement irakien de l'époque alors en lutte contre la résistance sunnite à Falloujah. Utilisant des méthodes d'une rare férocité ce "gouvernement" aurait eu tout intérêt à noircir le combat des rebelles...

Article de R. Fisk : http://www.paxhumana.info/article.php3?id_article=508

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11 septembre 2007

Moktada al-Sadr

Moqtada al-Sadr

Homme politique irakien, né en 1973 ou au début des années 1970.

Fils de Mohamed Mohamed al-Sadr, chef religieux chiite irakien tué en 1999.

Dès l’invasion de l’Irak par les USA ses partisans prennent le contrôle du grand quartier chiite Saddam City (rebaptisé « Sadr City »).

Dès 2003 il s’oppose au principe et à la réalité de l’occupation américaine. Il fonde l’Armée du Madhi, une milice qui affronte les soldats occidentaux à de nombreuses reprises mais surtout en avril et août 2004. Les accrochages restent nombreux et plusieurs attentats très meurtriers ont visés ses bastions urbains.

Se présentant à la fois comme un chef religieux et politique il entretient des rapports complexes avec les autres forces chiites d’Irak : soucieux de rester indépendant de l’Iran il critique les chiites pro-iraniens coupables à ses yeux d’être à la fois proches des Etats-Unis et liés à l’Iran bien qu’il entretienne de bons rapports avec Téhéran. Son discours est souvent nationaliste, il fut par exemple hostile à la nouvelle constitution fédérale de l’Irak et refuse aujourd’hui la loi sur le pétrole qui fait la part belle aux compagnies multinationales.

En 2004 les USA l’accusèrent même d’avoir été responsable de l’assassinat d’un chef chiite rival, l’ayatollah al-Khoï.

Disposant d’une quarantaine de députés (sur 275) plus ou moins à ses ordres il contrôlait 6 ministères mais se considère dans l’opposition au premier ministre N. al-Maliki.

En août 2007 il semble que certains de ses partisans aient affrontés durement des miliciens chiites pro-iraniens lors d’un pèlerinage chiite. En réponse à ces événements M. al-Sadr a suspendu les activités de sa milice pour 6 mois.

Implantés dans les zones chiites de Bagdad et du sud de l’Irak ses hommes ont été accusés de prendre part aux violences contre les sunnites. M. Al-Sadr les a toujours condamnés mais il semble que certains de ses partisans n’obéissent pas à ses ordres.

En Avril 2007, pour les 4 années d’occupation il a organisé une manifestation avec d’autres hommes politiques irakiens sunnites et chrétiens aux cris de « ni chiites, ni sunnites, tous irakiens ».

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10 septembre 2007

Muhammad Muhammad Sadeq al-Sadr

Né en 1943 en Irak, père de Moqtada al-Sadr, Muhammad devient vite une référence religieuse chez les Chiites d’Irak. Méfiant vis-à-vis des religieux chiites iraniens il est nommé avec le soutien de S. Hussein leader des chiites d’Irak dans les années 1990.

Alors qu’il entretenait des rapports assez bons avec Bagdad il est assassiné en février 1999 par des inconnus. Seul son fils Moktada échappe à la tuerie.

Image:Mmssadr.jpg

Deux thèses circulent sur la fin brutale de l’ayatollah : on accuse S. Hussein d’avoir liquidé un chef chiite de plus, mais pourquoi aurait-il éliminé quelqu’un qu’il avait soutenu ? Ali Sistani, un religieux d’origine iranienne le remplacera.

Une autre version accuse les chiites pro-iraniens.

Son fils Moktada accuse aujourd’hui S. Hussein, mais ses relations avec les chiites pro-iraniens sont excécrables.

A noter qu'après la tuerie de 99 Moktada n’ira pas se réfugier en Iran mais restera en Irak sous la protection de S. Hussein selon les uns, clandestinement selon les autres…

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David PETRAEUS

David Petraeus est né en 1952.

Il s’engage dans l’armée en 1974, diplômé de l’académie militaire de West Point, il participe à l’invasion de l’Irak en 2003. En 2003-2004 il tente d’organiser une « armée irakienne » au service des Etats-Unis.

En 2005 il rentre aux Etats-Unis et rédige un manuel de contre-guérilla qui s’inspire de ses travaux d’étudiant. Il affirme que la guerre du Viet-Nam a été perdue par les USA car ils avaient perdu la confiance de la population.

En janvier 2007 il est nommé commandant des troupes d’occupation suite à la défaite électorale des Républicains en décembre 2006.

Il a pour mission principale prioritaire de réduire les violences entre irakiens et comme mission secondaire de mettre sur pied des forces irakiennes fidèles aux USA.

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