observatoire de la guerre en IRAK

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10 octobre 2009

BLAIR pris à partie !

Source : AFP Londres

"je ne vous serre pas la main, vous avez du sang dessus"

Un service religieux organisé vendredi en la cathédrale Saint Paul de Londres en l'honneur des soldats britanniques ayant servi en Irak, a été suivi d'un incident entre le père d'un soldat tué et l'ex-Premier ministre Tony Blair.

M. Blair, qui avait engagé la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak, s'est joint au président irakien Jalal Talabani et à la reine Elizabeth II pour cette cérémonie religieuse en hommage aux quelque 100 000 militaires et civils britanniques qui ont été dépêchés en Irak depuis 2003, ainsi qu'aux 179 soldats qui y sont morts.

Au cours d'une réception offerte après le service religieux à Guildhall, l'ancien hôtel de ville de Londres, le père d'un soldat mort en Irak a refusé de serrer la main de Tony Blair.

Peter Brierley, qui a perdu son fils Shaun Brierley âgé de 28 ans, a dit à l'ex-Premier ministre : "je ne vous serre pas la main, vous avez du sang dessus".

"Je crois que Tony Blair est un criminel de guerre. Je ne peux pas supporter d'être dans la même pièce que lui. Je ne peux pas croire qu'il ait été invité à cette réception", a déclaré M. Brierley peu après.

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09 octobre 2009

Irak : la résistance naqshbandi

Irak : la résistance naqshbandi
par Gilles Munier  (Afrique Asie – octobre 2009 et http://gmunier.blogspot.com/ )

De l’avis du commandement américain, l’Armée des hommes de la Naqshbandiyya - Jaysh Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN) - est aujourd’hui l’organisation de la résistance irakienne qui menace le plus le régime de Bagdad. Officialisée le 30 décembre 2006, dans la nuit de l’exécution du président Saddam Hussein, elle fait partie du Commandement suprême pour le Jihad et la Libération, le front dirigé par Izzat Ibrahim al-Douri, chef du parti Baas clandestin, dont le tête est mise à prix 10 millions de dollars : mort ou vif !

Selon le général James Nixon, commandant des troupes d’occupation dans les régions de Diyala et de Kirkouk, la confrérie soufie Naqshbandiyya est entrée en résistance, dès 2003, sur les hauteurs surplombant le lac Hamrin, au nord-est de Bagdad. La guérilla y était dirigée, dit-il, par Abdurahman Naqshbandi, ancien officier de l’armée irakienne. En Irak, cela n’étonnera personne, cette famille étant connue pour son nationalisme et sa participation au renversement de la monarchie pro britannique en 1958. Le général note que la JRTN n’a rien à voir avec « Al-Qaïda en Mésopotamie », qu’elle est « bien organisée », et d’autant plus dangereuse qu’elle est « en contact avec des éléments de l’ancien régime », c'est-à-dire Izzat Ibrahim. Son logo représente d’ailleurs la carte de la Nation arabe, objectif ultime du baasisme.

Soufisme et résistance
Le soufisme a des racines profondes dans la société irakienne. Les deux principales confréries, la Qadiriyya et la Naqshbandiyya, y ont toujours été très actives. La Qadiriyya – à laquelle les ordres Rifaiyya et Caznazaniyya sont liés - tire son nom d’Abdelkader al-Gilani, théologien mort à Bagdad et enterré en 1166. Cette tariqa - voie soufie –, fut la première fondée dans le monde musulman. Elle demeure la plus importante. L’émir Abdelkader, qui s’opposa à la conquête de l’Algérie par les Français en 1830, était un de ses disciples. En Irak, le nom de Gilani est également lié au coup d’Etat anti-britannique de Rachid Ali al-Gilani et des officiers du Carré d’or, en 1941, dont l’exemple inspira le colonel Nasser et les mouvements anti-coloniaux au Maghreb. Après la prise de Bagdad en 2003, le cheikh Abdul Afif al-Gilani qui prônait l’attentisme, voire le dialogue avec les occupants, sous prétexte d’éviter que l’Irak ne sombre dans la guerre civile, s’enfuit à Kuala Lumpur pour échapper à la colère des qadiris. Un groupe d’auto-défense fut aussitôt créé pour protéger le sanctuaire d’al-Gilani des attaques des milices chiites pro-iraniennes et des salafistes d’Abou Mussab al-Zarqaoui qui traitent les soufis d’hérétiques. En avril 2006, un « Escadron Abdelkader al-Gilani » annonça sa constitution, mais on n’a guère entendu parler de lui depuis.

La Naqshbandiyya tire son nom de Baha’uddin Naqshband, théologien né en 1317 près de Boukhara. Elle se distingue des autres ordres soufis qui font remonter leur chaîne initiatique au Prophète Muhammad par Ali, son gendre et 4ème calife, en se prévalant d’enseignements secrets transmis préalablement par Abou Bakr, premier calife. La branche irakienne de la confrérie appartient à la Naqshbandiyya-Khalidiyya, du nom de son fondateur Cheikh Khalid - mort en 1857 -, originaire de Shahrazur, bourgade kurde de Mésopotamie. L’ordre qui s’implanta rapidement dans l’empire Ottoman, en Asie centrale et en Inde, s’opposa dès sa création aux déviations imposées en Perse à l’islam par la dynastie chiite safavide. Il demeure très influent dans le Caucase où l’imam naqshbandi Chamil, chef légendaire de la résistance anti-russe, fonda au 19ème siècle un Etat régi par la charia comprenant la Tchétchénie et le Daghestan.

Foi, ascétisme et guérilla
En Irak, la Naqshbandiyya s’est préparée à résister dès la fin 2002, mais n’a signé ses opérations, pour des raisons d’efficacité, que bien plus tard. C’est pourtant un commando naqshbandi qui créa la première grande panique dans la Zone verte, le 26 octobre 2003 à l’aube, en attaquant au lance- roquettes l’hôtel al-Rashid où dormait Paul Wolfowitz, n°2 du Pentagone, faisant plusieurs victimes dont un général américain. En 2004, ses moudjahidine participèrent à la bataille de Fallujah, puis à celle de Samarra. Aujourd’hui, selon les Américains, il y aurait de 2 à 3000 combattants naqshbandis, rien que dans la région de Kirkouk, qui harassent les bases américaines. Dans la conjoncture actuelle, la multiplicité des organisations de résistance apparaît à la JRTN comme une nécessité. Elle affirme qu’un commandement unique nuirait à leur capacité d’action sur le terrain, faciliterait le travail de sape des occupants. En interdisant clairement les attentats aveugles et l’exécution d’Irakiens - sauf s’il s’agit de collaborateurs - elle marque sa différence de méthode avec al-Qaïda. Mais ce qui fait la force de l’ « Armée Naqshbandi », c’est la foi religieuse, le mode de vie ascétique et le patriotisme de ses membres, son aptitude à transcender les clivages ethniques, et son encadrement composé de militaires de l’ancienne armée irakienne.

La CIA, « Le Pape » de la Casnazaniyya, et les « Rockstars »
La confrérie soufie Casnazaniyya, branche de la Qadiriyya, est connue en Irak pour ses cérémonies mystiques à la fin desquelles des derviches en extase s’entaillent la langue au rasoir, se transpercent avec des pics, ou se plantent un poignard dans le crâne. La foi qui les anime, l’insensibilité à la douleur et l’étonnante rapidité de cicatrisation des plaies, sont la preuve que Dieu - selon la secte - accomplit des miracles par l'entremise de leur cheikh. Muhammad al-Kasnazani, leur maître actuel, était connu pour ses relations avec plusieurs dirigeants irakiens, dont Izzat Ibrahim al-Douri. A la fin des années 70, il avait donné un gage de loyauté en créant une milice qui pourchassait les peshmergas de Jalal Talabani, actuel président de la République. Recruté par la CIA, sous le nom de code « le Pape », il aurait participé en 1995 à une tentative de renversement du président Saddam Hussein. D’après des documents saisis par les Américains, au siège des services secrets irakiens en 2003, Muhammad al-Kasnazani et ses fils Nehru et Gandhi – nom de code « Rockstars » - jouaient double jeu. En 2001, Muhammad, autre fils du cheikh, fut jeté en prison pour s’être alloué du pétrole de contrebande en imitant la signature de Saddam Hussein. Condamné à mort avec ses deux frères impliqués dans l’escroquerie, ils furent libérés grâce à l’intervention d’un ancien dirigeant kurde communiste, devenu soufi. Réfugiés avec leur père à Soulimaniya - sous la protection de Talabani - ils aidèrent les Américains à s’emparer de Bagdad en fournissant des listes de responsables baasistes à arrêter. Déçu de n’avoir pas été nommé ministre du nouveau régime, Nehru s’est transformé en homme d’affaires. Il a créé un quotidien, un parti politique et une société de sécurité. En 2009, il s’est offert les services d’une lobbyiste, ancien agent de liaison entre le commandement américain à Bagdad et l’armée du régime. Elle lui a ouvert les portes du Congrès américain. Depuis, Nehru se verrait bien président de la République irakienne.

Le « bon Naqshbandi » des néo-conservateurs
Attention ! Ne pas confondre la Naqshdandiyya, dont l’Armée Naqshbandi d’Irak est issue… et l’ordre Naqshbandi qui se prévaut des enseignements de Nazim al-Haqqani, mufti d’origine libanaise. Ce courant soufi groupusculaire, mais très présent sur le Web, est dirigé aux Etats-Unis par Hisham al-Kabbani, son gendre. Véritable coqueluche des « Vulcains » - lobby néo-conservateur comprenant notamment Condoleeza Rice, Paul Wolfowitz et Richard Perle – ce religieux s’est fait un des chantres du renversement de Saddam Hussein, puis de la guerre contre le terrorisme. En octobre 2003, Kabbani a participé, à Washington, à une réunion du Centre Nixon pour utiliser le soufisme comme soutien des visées américaines au Proche-Orient et en Asie centrale. Y participaient, entre autres, l’orientaliste pro-israélien Bernard Lewis, Dick Cheney, Jebb Bush – frère du président - , Zalmay Khalizad – futur ambassadeur américain en Afghanistan, puis en Irak - et Eliott Abrams, anti-palestinien viscéral chargé par W. Bush… de faire « progresser la démocratie dans le monde ». Affirmant qu’aux Etats-Unis « 80% des mosquées », sont tenues par des extrémistes, Kabbani s’est autoproclamé « guide mondial de l’Ordre Naqshbandi » et a créé un « Conseil islamique suprême d’Amérique» (ISCA) dont il s’est fait élire président. Hedieh Mirahmadi, ancien conseiller de l’ambassade des Etats-Unis à Kaboul, et membre fondateur du « Comité pour le danger présent » créé en juillet 2004 pour sensibiliser l’Administration étasunienne à la « menace islamiste », en est le directeur. Qu’en est-il depuis ? On ne fera croire à personne que la CIA a abandonné son programme d’instrumentalisation des sectes musulmanes après le discours du Caire de Barack Obama, le 4 juin dernier.


Jaysh Rajal al-Tariqa al-Naqshbandiyya (JRTN) - vidéos :
http://www.liveleak.com/browse?tag=Jaish%20Al-Nakshabandia
http://www.liveleak.com/browse?tag=alnakshabandia-army

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26 septembre 2009

CRITIQUES du livre de D. GORTEAU


Je recommande ce livre a toute personne ne connaissant que peu de choses sur cette région-là du monde, car en 273 pages, c’est toute l’histoire du Moyen-Orient (et des Etats-Unis) qui est résumée de manière concise et intelligente.

pour Unité Populaire, Piero Falotti

la suite : http://quefaire.e-monsite.com/rubrique,critiques-livre-de-gorteau,321377.html


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04 septembre 2009

"war is personal" (photos)

Source : http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/09/03/images-textes-la-bombe-d-eugene-richards-sur-l-irak_1235381_3246.html

Après la guerre... malaise et désarroi

Les 45 images en noir et blanc de l'Américain Eugene Richards, alignées au Couvent des Minimes, ne sont pas les plus spectaculaires, les plus atroces ou les plus sanglantes du festival de photojournalisme de Perpignan. Pour "War is Personal" ("La guerre est personnelle"), le photographe s'est rendu auprès de familles américaines dont le destin a basculé, balayé par la guerre en Irak. Angoisses et dépression, blessures physiques ou intérieures, inadaptation à la vie quotidienne, suicide... Richards a rapporté une série de petites histoires, à la fois banales et d'une tristesse infinie. (suite : h ttp://www.lemonde.fr/culture/article/2009/09/03/images-textes-la-bombe-d-eugene-richards-sur-l-irak_1235381_3246.html )

Site de Eugene Richards : http://www.eugenerichards.com/

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27 août 2009

Evolution chez les chiites en Irak

L'alliance politique des factions chiites a volé en éclat en Irak.

En effet, le premier ministre Maliki, fort de son score aux régionales (janvier 2009), a voulu être le chef de la coalition des partis chiites aux prochaines élections législatives.

Abdelaziz Al-Hakim, chef pro iranien décédé

A l'assemblée, ses partenaires ont refusé son leadership et ont brisé l'alliance politique parlementaire.

Les pro-iraniens redoutent l'indépendance de Maliki vis-à-vis de Téhéran, la faction de Sadr a toujours été opposée sur le terrain aux "forces de sécurité" de Maliki et le parti de la Vertu (proche de Sadr dans ses opinions) a refusé aussi d'être derrière le premier ministre.

De plus, le principal parti pro-iranien vient de perdre son chef al-Hakim, décédé d'un cancer.

Son parti, fondé en Iran en 1982 par les services de la république islamique a fait disparaître le terme "révolution" de son nom. Un signe de plus de la normalisation de ce parti, en perte de vitesse depuis l'émergence de Maliki, chiite irakien qui se présente comme le garant de l'indépendance du pays face aux Américains, aux Kurdes et aux Iraniens.

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16 août 2009

Des minorités visées dans la région de Mossoul...

Le gouvernement régional kurde et les dirigeants sunnites de la province de Ninive s'accusent d'être derrière les récents attentats qui ont visés des minorités ethno-religieuses dans cette région.

Un "grand Kurdistan" est-il un danger pour les non kurdes ?

En effet des Yésidis, des Chabaks, des Chrétiens et autres Turcomans sont des minorités qui vivent dans la zone entre les Kurdes (nord) et les Arabes sunnites (est). Plusieurs attentats ont tués des centaines de civils depuis des années dans cette région...

Les nationalistes kurdes revendiquent ces territoires et sont accusés de faire pression sur les minorités pour qu'elles fuient ou demandent la "protection" de soldats kurdes.

"Nous regrettons de voir les dirigeants de la liste al-Hadba (sunnite) s'opposer aux principes de la démocratie et de la coexistence pacifique en accusant la région du Kurdistan d'être partie prenante des dernières attaques terroristes à Ninive", affirme dimanche un communiqué du gouvernement kurde. Le 10 août, deux camions piégés, garés à quelques centaines de mètres l'un de l'autre, ont ravagé à une minute d'intervalle au petit matin le village de Khaznah, faisant 28 morts et 155 blessés : 35 maisons ont été détruites dans cette localité prospère où vivent 3 500 chabaks, en majorité des commerçants et des agriculteurs. Cette secte kurdophone, chiite ou sunnite, d'environ 30 000 personnes est dispersée dans une cinquantaine de villages de cette province.

"Nous avons été patients jusqu'à présent pour préserver la tranquillité et la stabilité et pour les empêcher de nous entraîner dans une confrontation aux conséquences terribles", ajoute le porte-parole kurde.

Ces violences aux commanditaires floues se déroulent sur fond de revendications kurdes qui s'opposent aux provinces sunnites et au gouvernement de Bagdad las des manifestations d'indépendance des Kurdes.

Les Kurdes les plus extrémistes ou les plus cyniques comme les partisans du désordre peuvent être derrière ces attentats d'une rare violence...

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03 août 2009

Un colonel us parle

Source : http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2009/08/irak-le-ressentiment-dun-colon.html



avec des amis comme Maliki, pas besoin d'ennemis...

Le colonel Reese, gradé de poids en Irak, a rendu public une lettre qui traduit la lassitude de nombre de soldats us en Irak 6 années après la chute de Bagdad.

Il constate la fin de la rébellion organisée mais surtout critique l'attitude du "gouvernement" irakien qui n'a de relations avec les occupants que pour se fournir en armes et en matériel !

Depuis le retrait des forces us des villes, les autorités de Bagdad sont très distantes avec les occupants...

Face à cette situation, le colonel Reese propose d'accélérer le retrait, faute de quoi des incidents pourraient déraper entre "gouvernement" et occupants.

Extraits :

"Compte tenu de l’interprétation que fait le gouvernement irakien de l’accord de sécurité, les troupes américaines sont aujourd’hui en danger. L’Irak n’est pas réputé pour bien traiter, même ses soi-disant invités. Le danger qu’un incident violent rompe notre partenariat a considérablement augmenté depuis le 30 juin. Une telle rupture nous obligerait à un départ non planifié, qui mettrait en danger nos intérêts à long terme en Irak, et ruinerait les acquis que nous avons obtenus depuis 2003.

Les remarques qui vont suivre se fondent sur mon expérience dans la province de Bagdad, mais ce que je sais de la situation ailleurs suggère que le même constat peut y être dressé.

L’absence de progrès dans la fourniture des services à la population et en matière de bonne gouvernance est maintenant si manifeste qu’il est clair que notre présence ne nous permet plus de conduire les Irakiens dans la bonne direction. Les principaux problèmes sont :

- L’inefficacité et la corruption dans les ministères. La campagne anti-corruption n’est guère plus qu’un outil de propagande pour Maliki.

- L’échec du gouvernement pour améliorer l’infrastructure électrique, l’exploration, la production et l’exportation du pétrole.

- Une violence et des intimidations rampantes aussi bien dans les institutions civiles que chez les militaires.

- Notre vice-président, Joe Biden, a reçu début juillet un accueil plutôt froid lorsqu’il s’est entendu dire publiquement que les affaires intérieures de l’Irak n’étaient plus du domaine des Américains.

Le renforcement des forces de sécurité irakiennes (FSI) est beaucoup plus lent que ce que nous attendions, compte tenu des efforts et de tout l’argent que nous avons investi. A partir de 2004, nous avons modelé les FSI en une force de combat. Elles sont arrivées au point où elles ont vaincu l’insurrection organisée, même si elles sont à peine auto-suffisantes. C’est un succès remarquable, dont beaucoup doivent être fiers.

(...)

- La corruption parmi les officiers est grande.

- Le népotisme est rampant dans les nominations. La paresse est endémique. Il en résulte un manque d’initiative généralisé.

Depuis le début des renforts américains en 2007, le ministère de la Défense et le Commandement des Opérations à Bagdad sont incapables de garantir l’accord du Premier ministre sur leurs actions. Ils sont incapables d’affronter les partis politiques chiites. Incapables de faire régner la discipline parmi leurs troupes. Enfin incapables d’honorer leurs engagements vis-à-vis de nous.

Comme l’a dit Maliki, le 30 juin représente « une grande victoire » sur les Américains et « un changement fondamental » dans leur partenariat avec nous. De récents événements le montrent :

- Le commandement irakien impose unilatéralement des restrictions aux forces américaines, même si c’est en violation du pacte de sécurité.

- Des incidents dans la « Zone internationale » ont eu lieu récemment. Les FSI n’ont pas hésité à passer en force à un barrage, dont elles ont pris le contrôle entre le 1er et le 4 juillet.

- La froideur soudainement manifestée vis-à-vis des conseillers américains, tandis que d’autres ne sont plus invités à participer à des réunions.

- La justice qui se dit prête à libérer des individus détenus, qui avaient attaqué des soldats américains.

 

Nous sommes face à la quadrature du cercle. Nous faisons des opérations de soutien à un gouvernement qui ne réclame plus notre aide, tandis que dans le même temps ces opérations continuent de générer une opposition de la part de groupes qui les utilisent comme un joker pour la conquête du pouvoir, dans un Irak post-occupation.

Certes, le gouvernement et les FSI vont continuer de « presser » les Américains pour qu’ils leur fournissent ce dont ils ont besoin jusqu’à la fin 2011. Mais ils vont tout faire pour réduire notre soutien à la sécurité et aux réformes politiques pourtant indispensables au redémarrage du pays. Ils vont nous tolérer aussi longtemps qu’ils vont pouvoir sucer les glandes mammaires de l’Oncle Sam.

Aujourd’hui, le potentiel de violence irakienne contre nous est élevé, et il va augmenter de jour en jour. De part et d’autre, le ressentiment va enfler, jusqu’à ce qu’un violent incident vienne crever l’abcès. Si cela devait arriver, cela ruinerait notre partenariat avec les Irakiens, et nous forcerait à partir dans des conditions très défavorables.

La réalité a changé plus vite que nous le prévoyons depuis la signature de notre accord de sécurité avec les Irakiens. Nous avons maintenant un gouvernement Maliki qui a trouvé son équilibre et pense qu’il peut conduire le tandem tout seul. Notre présence sur le siège arrière leur cause du ressentiment. On doit descendre avant que nous chutions, tous les deux.

Par conséquent, les Etats-Unis doivent déclarer leur intention de retirer toutes leurs forces militaires d’Irak, d’ici à août 2010. Ce ne serait pas un changement radical, mais une accélération de nos plans de quinze mois seulement. Le gouvernement irakien ne serait pas pour autant renversé par la guérilla, comme ce pouvait être le cas entre 2006 et 2008. Al-Qaida est devenu très faible, et il n’y a plus d’insurrection organisée.

Pendant cette période de retrait, les Etats-Unis et l’Irak doivent définir un nouvel accord de partenariat stratégique, qui prévoirait une présence militaire américaine durable dans une à trois bases (d’entraînement, aériennes, et près de centres stratégiques). Cela nous éviterait les complications liées aux effets résiduels de l’invasion et de notre occupation de l’Irak. »

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04 juin 2009

Une lettre de Saddam Hussein

Source : AFI n° 93, juin 2009, Gilles Munier

Le New York Daily News a publié, le 5 mai, la traduction en anglais, déclassifiée par les autorités américaines, d’une lettre du président Saddam Hussein, remise fin 2003 à ses geôliers – dix jours après son arrestation - sur ses conditions de détention et les tortures qu’il avait subi.


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S. Hussein s'est défendu jusqu'au bout


Page 2-1
Au nom de Dieu le Compatissant et le plus Miséricordieux

De Saddam Hussein, Président de la République d’Irak à qui de droit :
Je suis dans cet endroit depuis le jour de ma capture, le 13 décembre 2003 jusqu’à aujourd’hui, 26 décembre 2003. S’ajoutant aux coups reçus lors de ma capture, le gang qui me détenait n’a épargné aucune partie de mon corps qui porte encore les traces douloureuses de leurs agissements. Je voudrais informer les autorités concernées qu’il ne m’est laissé aucune possibilité de dormir même si je reste allongé sur mon lit la plupart du temps. La réalité de ma situation est que, en trois jours, je n’ai pu dormir que quatre ou cinq heures parce que là où je suis ressemble à n’importe quel autre lieu de détention. Il semble qu’il ait été transformé en centre de torture  pour les prisonniers, de nuit en général, mais aussi de jour. La plupart du temps, les bruits inquiétants de ceux qui sont interrogés ou torturés, s’entendent. Je ne crois pas que quiconque ayant un cœur sensible et un sentiment d’humanité puisse dormir au milieu des hurlements des tortionnaires et des torturés, des coups sur les portes et des grincements des chaises.

Page 2-3
Examinez ces questions et d’autres si elles vous intéressent. Sinon, Dieu regardera du Ciel et verra comme il voit toute personne qui se tient devant lui pour jugement… Dieu est grand… Dieu est grand.

Saddam Hussein
(signature)

Traduction : AFI-Flash - Source : http://www.uruknet.de/?s1=1&p=53983&s2=07

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Elections au Kurdistan autonome

Source : Gilles Munier (AFI n° 93, juin 2009)

Elections régionales au Kurdistan irakien
LES KURDES ENTRE RESSENTIMENT ET COLERE

L'influence locale des factions kurdes (avant 2003)

Le Kurdistan irakien, présenté dans certains médias comme une base avancée de la démocratie au Proche-Orient, retient son souffle. Massoud Barzani, président de la région autonome, a annoncé, après plusieurs reports justifiés par de soi disant problèmes budgétaires, que les élections au parlement régional se tiendront le 25 juillet prochain : 2,5 millions d’électeurs seront appelés aux urnes, et plus de 40 listes seront en lice pour 111 sièges. Voilà pour la façade.

Pour le reste, le plus important pour la population de la région, la situation est préoccupante, sinon catastrophique, que ce soit au plan économique qu’en matière de droits de l’homme. Les membres des tribus Barzani et Talabani trustent les postes décisionnels et dilapident les richesses régionales. Certes, les grandes villes ont des aéroports neufs, des hôtels cinq étoiles, mais l’électricité manque, les services médicaux sont déficients et l’enseignement laissé à l’abandon, ou presque. La corruption bat son plein et des groupes maffieux liés au pouvoir gèrent la contrebande, le trafic de drogue en provenance d’Afghanistan, et l’exportation clandestine de pétrole. L’immigration vers l’Union européenne semble le seul espoir de lendemains meilleurs pour toute une partie de la jeunesse. Moushiwan Mustapha, ancien n°2 de l’UPK (Union Populaire du Kurdistan) dont il a été le fondateur avec Jalal Talabani, compare le système mis en place après 2003 à celui de la Roumanie sous Ceausescu !

Abus de pouvoir, corruption et prisons secrètes
Les médias, à quelques exceptions près, sont aux ordres des deux grands partis. Les journalistes indépendants ne peuvent pas adhérer au syndicat officiel, et la moindre critique provoque en retour intimidations, arrestations et amendes. A Kirkouk, menacée d’annexion, la journaliste Soran Mama Hama, a été assassinée pour avoir critiqué les services sécuritaires kurdes. D’autres, à Erbil et Soulimaniya, ont échappé à des attentats pour avoir dénoncé les abus de pouvoir et la corruption. Pour la publication d’informations dites « confidentielles », Adib Aref, rédacteur en chef du quotidien kurde Hawlati, a été qualifié en 2008 de « traître au service de l’étranger » par le secrétariat de Barzani. Jalal Talabani, en tant que président de la République, s’en est pris aussi à lui, en lui intentant un procès pour avoir publié, en kurde, un rapport du chercheur américain Michael Rubin, qui lui déplaisait. L’ex-chef de guerre, que le légendaire Mustapha Barzani comparait à un scorpion, n’a évidemment rien du « George Washington irakien » vanté par le département d’Etat étasunien.

La sécurité – toute relative – ne prévaut au Kurdistan qu’au prix d’arrestations et d’incarcérations dans les prisons secrètes du ministère de l’Intérieur de la région autonome et des services secrets du PDK (Parti démocratique du Kurdistan, de Massoud Barzani) ou de l’UPK. Masrour Barzani, fils du président de la région, chef du Parastin, le SR du PDK, se croit tout permis. En février 2006, à Vienne, il aurait fait tabasser par ses gardes du corps à Vienne Kamal Saïd Qadir – citoyen autrichien - connu pour ses articles attaquant la nomenklatura d’Erbil. Arrêté lors d’un séjour au Kurdistan en 2005, cet intellectuel avait été condamné à … 30 ans de prison, puis libéré quelques mois plus tard grâce aux pressions exercées par l’Autriche sur le président kurde.

Test de popularité grandeur nature
La liste Kurdistan, du duo Barzani-Talabani, emportera-t-elle les élections ? L’UPK, en perte de vitesse, tire le PDK vers le bas. Bien qu’elle peut compter sur les voix de tribus qui leur ont fait allégeance, de nouvelles forces apparaissent, issues de la mouvance islamique ou inspirées par le PKK, l’organisation séparatiste kurde de Turquie. Kamal Saïd Qadir s’est déclaré candidat. Moushiwan Mustapha, qui dirige le groupe de presse Wisha Media Corporation, se présente en alternative sérieuse. Considéré comme « l’enfant terrible » du nationalisme kurde irakien, il concourra, avec Jawhar Namiq, membre de la direction du PDK qui l’a rejoint, sous l’étiquette du « Changement ». Sa liste peut compter sur le soutien du quotidien Rozhnama et de KNN-TV qui lui appartiennent. Mais, cette dernière n’émet que 7 heures par jour, peu à côté des chaînes radio et télévisées de l’alliance Barzani –Talabani avec leurs dix satellites émettant 24 heures sur 24. Mais, indication qui ne trompe pas, la défiance des Kurdes pour leurs dirigeants, un sondage effectué par Hawlati le 12 mai, place la liste du Changement en tête avec 59,3% des voix, suivie par celle des Quatre Partis qui regroupe des mouvements islamique et de gauche (19%). La liste Kurdistan ne dépasserait pas les 20%.

Qotab Talabani, le très contesté « ambassadeur » kurde aux Etats-Unis, a beau exhorter la diaspora kurde à dépasser ses ressentiments, la décision du Gouvernement Régional Kurde (KRG) de ne pas appeler à voter les électeurs résidant à l’étranger, jugés trop frondeurs, est du plus mauvais effet. Depuis plusieurs décennies, les Barzani et Talabani ont fait miroiter aux yeux des Kurdes les bienfaits de la démocratie et de l’indépendance. Pour ce qui est des libertés, depuis l’agression américaine de 2003, la population ne se fait plus d’illusions. Depuis qu’en mars dernier, Jalal Talabani a jugé « impossible » l'accession du Kurdistan irakien à l'indépendance, et réduit les vieilles revendications séparatistes kurdes à un « rêve poétique », le désenchantement transcende tout l’éventail politique. Quel que soit le résultat des élections en juillet, la stabilité dans cette région d’Irak est des plus incertaines.

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16 avril 2009

Libérations et violences

la plupart des prisonniers détenus par les Américains furent arrêtés sans ménagement et sans preuves

Dans le cadre de la prétendue "réconciliation nationale" et surtout pour vider leurs prisons pleines de gens arrêtés souvent au hasard les Américains relâchent des prisonniers. Parfois des irakiens gouvernementaux arrêtent aussitôt les ex détenus...

Depuis le début du mois, l'Irak a connu une série d'attentats qui ont causé la mort de 70 personnes et blessé près de 300 autres. La situation n'est donc pas vraiment stabilisé, en tout cas, pas plus que dernièrement.

Depuis le début de l'année, l'armée américaine a déjà relâché 20 % des 15 000 Irakiens incarcérés dans ses geôles parfois secrètes.

En début de semaine, la localité sunnite de Tarmiya, ancienne place forte d'Al-Qaïda au nord de la capitale, devait accueillir 50 détenus mais elle n'en a reçu que 32 en raison de ces mandats d'arrêt de dernière minute. En vertu de l'accord de sécurité signé en novembre par Washington et Bagdad, les Américains doivent remettre aux Irakiens les prisonniers représentant un danger et libérer les autres. Mais le processus est complexe car une commission mixte détermine si le détenu mérite ou pas de retrouver sa liberté.

Sur sa chaise, Abdelrahmane Khalil attend anxieusement de voir son fils de 28 ans, arrêté il y a deux ans. Mais quelques minutes plus tard, il sort de la pièce en s'efforçant de ne pas pleurer. "Il n'est pas là. La prochaine fois peut-être. Si Dieu le veut", dit-il en serrant ses mâchoires.

Rappelons que la plupart de ces prisonniers ont été (ou sont encore) détenus sans preuves et sans incumpation. Ils risquent aussi d'être liquidés par les "autorités" irakiennes...

Posté par terouga à 16:42 - Combats, violences - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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