25 octobre 2008
Le mouvement sadriste manifeste
Source : AFP Bagdad
Moktada Al-Sadr refuse la prolongation de la présence des troupes us

"Je suis au côté de chaque sunnite, chiite ou chrétien qui est opposé à l'accord"
Des dizaines de milliers de partisans de l'imam chiite radical Moqtada al-Sadr ont manifesté samedi 19 octobre 2008 à Bagdad contre le projet de "pacte de sécurité" entre l'Irak et les Etats-Unis.
Cette démonstration de force intervient alors que les responsables irakiens et américains ont jusqu'au 31 décembre pour se mettre d'accord sur un "pacte de sécurité" qui doit remplacer à son expiration le mandat des Nations unies encadrant la présence des forces étrangères en Irak. Après plusieurs mois d'âpres négociations, le gouvernement de Nouri al-Maliki et l'administration Bush sont parvenus à un projet de texte qui doit encore être ratifié par le Parlement irakien.
Dans un message lu par son conseiller Cheikh Abdul-Hadi al-Mohammadawi devant la foule des manifestants, Moqtada al-Sadr a appelé le Parlement irakien à rejeter l'accord.
"Je suis au côté de chaque sunnite, chiite ou chrétien qui est opposé à l'accord", a-t-il ajouté et "je rejette, condamne et dénonce la présence des forces occupantes".
Moqtada al-Sadr a également mis en doute l'argument du gouvernement irakien selon lequel le "pacte de sécurité" constitue un pas vers la fin de la présence militaire américaine en Irak. L'accord prévoirait un départ des troupes américaines avant le 31 décembre 2011 à moins que Bagdad ne demande à certains éléments de rester.
"S'ils vous disent que l'accord met fin à la présence de l'occupation, laissez-moi vous dire que l'occupant gardera ses bases. Et quiconque vous dit que cela nous donne la souveraineté est un menteur".
Les fidèles de Moqtada al-Sadr ont défilé samedi du quartier défavorisé chiite de Sadr City jusqu'à la place Mustansiriyah dans l'est de la capitale. La foule était essentiellement composée de jeunes hommes agitant des drapeaux irakiens et chiites et scandant "non, non à l'accord" et "oui à l'Irak".
Les organisateurs avançaient plus d'un million de participants, mais les journalistes de l'Associated Press et photographes sur place estimaient l'affluence à plusieurs dizaines de milliers de personnes. La police ne disposait pas d'estimation propre.
Un important dispositif de sécurité encadrait le défilé, les forces irakiennes ayant établi des barrages de contrôle dans les rues adjacentes, alors que des tireurs embusqués étaient postés sur les toits. Le rassemblement de trois heures s'est achevé sans incident majeur.
29 août 2008
Moktada al-Sadr prolonge la trêve
Source : mouvement sadriste et agences de presse

Membre de l'Armée du Madhi célèbrant le départ des Britanniques de Bassorah (sept 2007)
Le chef politico-religieux chiite Moqtada al-Sadr a déclaré jeudi que la suspension des activités de sa milice se poursuivra "indéfiniment" : "La suspension de l'Armée du Mahdi continuera indéfiniment, et toute personne ne respectant pas cet ordre ne sera plus considérée comme un membre de ce groupe", a déclaré M. Sadr.
"Nous avons un programme culturel nommé al-Mumahdoon, et tout le monde devra le respecter et quiconque ne l'accepte pas sera exclu de l'Armée", a souligné le communiqué. En août 2007, M. Sadr avait ordonné six mois de gel des activités armées de sa milice et l'avait prolongé en février de six mois supplémentaires.
Cependant, le communiqué n'a pas indiqué si cette suspension concernerait le "groupe spécial" que M. Sadr comptait former en vue de combattre les troupes américaines en Irak.
En mars dernier des centaines de personnes sont tombées quand l'Armée du Mahdi a du riposté aux forces du "gouvernement" qui voulait briser son mouvement.
Ce prolongement de la trêve montre que Sadr et les chiites nationalistes (parfois soutenus par l'Iran) sont décidé à maintenir une situation relativement supportable pour les Américains qui commencent à envisager un retrait par étape d'Irak.
16 août 2008
M. al-Sadr se pose en rassembleur de la résistance dans le monde musulman
Source : mouvement sadriste
Le chef radical chiite irakien Moktada al-Sadr (qui se trouve selon les Américains en Iran) a appelé vendredi ses partisans à signer avec leur sang un engagement à «résister à l'occupant».

Salah al Obeidi, porte-parole de Moktada al-Sadr
Ce texte comporte plusieurs éléments argumentatifs, autant de publics visés par Sadr :
- Moqtada Sadr « appelle les croyants à signer avec leur sang un pacte d'allégeance à l'imam Mahdi », cette phrase rappelle que Sadr est avant tout un patriote irakien qui se réfère au chiisme, sa milice se dénomme "l'armée du MAdhi".
En signant ce pacte, les croyants « s'engagent à résister dans tous les pays musulmans et spécialement en Irak, militairement et idéologiquement, aux occupants, colonisateurs et à la pensée laïque occidentale », ici Sadr se pose en figure unitaire de tous les Musulmans (Chiites et autres) qui résistent aux agressions de l'Occident, agressions militaires ou philosophiques.
« Je m'engage à considérer tous les musulmans, spécialement en Irak, comme mes frères et à ne jamais porter atteinte à leur sang, à leurs biens et à leur dignité », accusés d'êtres coupables de massacres de Sunnites, les Hommes de Sadr sont effecivement mal contrôlés, Sadr tente ici de convaincre de sa bonne foi. Il a toujours condamné les violences entre irakiens.
« Mes seuls ennemis sont les occupants, les infidèles et les 'nawasseb' (radicaux sunnites anti-chiites), les colonisateurs et les envahisseurs. (Je m'engage à) ne pas négocier avec eux, à ne signer aucune trêve et à ne pas m'asseoir à la même table qu'eux tant que je serai en vie », il s'agit ici de rappeler son opposition aux occupants alors que sa milice observe un cessez-le-feu avec les Américains depuis plus d'un an.
« C'est également un appel à l'unité de tous les Irakiens », a dit le porte-parole de Sadr.
Sadr suit la stratégie du Hezbollah libanais qui mobilise les Chiites par une ligne politique de défense de la communauté chiite et qui a un discours nationaliste pour le reste de la population.
09 août 2008
Moktada Sadr souhaite un désarmement

Moqtada Sadr effectue un virage majeur. Il invite les membres de sa milice, l'armée du Mahdi, à abandonner progressivement la lutte armée contre les forces d'occupation.
Un journaliste du Wall Street Journal a obtenu une brochure qui circule au sein du mouvement et qui donne l'essence de ce que veut Sadr : La brochure indique que l'armée du Mahdi doit être guidé désormais par les valeurs spirituelles chiites et non plus par le militantisme antiaméricain. Le mouvement doit mettre l'emphase sur l'éducation, la religion et la justice sociale. Et, il est absolument interdit d'utiliser les armes.
Un porte-parole a cependant nuancé ces propos en disant qu'il ne s'agit pas d'un désarmement complet. La stratégie de Moqtada Sadr dépendrait du statut à long terme des forces américaines en Irak.
Plus que jamais Sadr est sur la corde raide : sa milice est toujours minée par des divisions intérieures, certains de ses partisans demeurent incontrôlables et sont de véritables bandits de grand chemin, d'autres refusent la modération de leur chef, d'autres encore ont du subir de lourdes pertes en mars quand le "gouvernement" irakien a tenté de s'emparer de zones sadristes.
Reste que la seule lutte armée ne peut pas expulser les troupes d'occupation, Sadr mise donc sur les élections américaines et sur un accord a minima avec le "gouvernement" dominé par des Chiites.
De manière générale la politique de Sadr contribue a calmer la situation sur le terrain : à titre d'exemple, en juillet 2008, les violences ont fait 387 morts parmi les civils, soit quatre fois moins que l'année dernière à la même période
02 avril 2008
L'IRAN et l'offensive ratée de Maliki
Source : Le Monde / http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/04/02/l-iran-et-moqtada-al-sadr-renforces-apres-l-offensive-militaire-ratee-du-gouvernement-irakien_1029986_3218.html
Quelques jours après la cessation des combats entre le "gouvernement" et l'Armée du Madhi un article de Patrice Claude nous éclaire sur ce qui a mené au cessez-le-feu entre les deux parties.
C'est le gouvernement iranien qui est intervenu pour arriver à un accord et nullement les Américains plutôt surpris par l'impuissance de Maliki à atteindre ses objectifs miliraires.

Pendant que les hommes de Sadr résistaient assez bien aux soldats irakiens (qui refusaient parfois de tirer sur les Sadristes) le général Qassem Suleimani (chef des Pasdrans iraniens) négociait à Qom (en Iran) un accord entre les envoyés de Maliki et de Sadr.
C'est donc bien l'Iran qui a arbitré le jeu entre Maliki incapable de réussir son fait de guerre et les hommes de Sadr plus que jamais implantés dans leurs bastions dans le sud du pays.
Convaincu que leur "allié" Maliki avait perdu la partie les Américains ont demandé aux Britaniques de maintenir leurs hommes dans le secteur de Bassorah ce que Londres a accepté malgré une décision de retrait, c'est en effet le seul contingent occidental dans la région car les 160 000 soldats de Bush sont essentiellement dans les zones sunnites.
29 mars 2008
l'Armée du Madhi RESISTE

Des partisans de Sadr manifestent à Bagdad contre les opérations de l'armée
Depuis le 24 mars 2008 "l'armée irakienne" tente de réduire les zones contrôlées par les partisans de M. al-Sadr.
Débutée à Bassora l'opération dirigée par le "premier ministre" irakien lui-même n'a toujours pas aboutie. Malgré l'engagement de forces massives et le soutien franc et militaire des Américains les combats se poursuivent dans de nombreuses zones où les Sadristes sont influents.
Ces affrontements d'une intensité inédite entre les "autorités" chiites (soutenues par Téhéran et Washington) et les milices de Sadr (populaires dans les quarters chiites pauvres) ont fait plus de 300 morts sans que l'offensive ait pu décider d'un vainqueur.
Composée d'environ 60 000 hommes assez bien armés l'Armée du Madhi résiste dans de nombreuses localités chiites où elle est implantée depuis 2003.
Officiellement cette opération vise les "criminels", c'est à dire des gangs armés qui rançonnent la population, et, effectivement certains éléments qui se revendiquent de Sadr ont trempé dans des opérations criminelles, mais la majorité de l'Armée du Madhi reste sur une ligne politique qui refuse à la fois l'occupation mais aussi la partition de l'Irak sur une base régionale ou religieuse.
Pour se tailler le monopole du pouvoir parmi les Chiites (ou même les Irakiens) les partis qui collaborent avec les occupants veulent se débarasser de Sadr qui est à la fois indépendant des pays étrangers (USA, Iran) et qui a toujours exigé en premier lieu la fin de l'occupation.
De plus, cette offensive est d'autant plus sandaleuse que l'Armée du MAdhi avait décrété un cessez-le-feu depuis août 2007.
Moktada al-Sadr en personne appelle au dialogue. Doutant de sa propre population le "gouvernement" de Bagdad a décrété un couvre-feu général dans les grandes villes.
26 mars 2008
Offensive "gouvernementale" contre l'Armée du Madhi
Source : http://www.lemonde.fr/web/portfolio/0,12-0@2-3218,31-1027361@51-981585,0.html

partisans de Sadr (non daté, non situé)
Le mardi 25 mars 2008 les "autorités" irakiennes ont lancé une vaste offensive à Bassora (sud) pour, semble-t-il, éliminer l'influence de l'armée du Madhi, la puissante milice de Moaktada Sadr (chiite nationaliste).
Très implantée dans les quartiers chiites pauvres de Bagdad mais aussi dans presque toutes les grandes villes chiites, les Sadristes ont du faire face à des attaques de "l'armée" irakienne aux mains des chiites pro-iraniens soutenus aussi par les occupants.
Hier les combats à Bassora, Bagdad ont fait officiellement 40 morts.
Les Sadristes ripostent mais leur leader a annoncé vouloir protester pacifiquement à cette offensive qui semble avoir pour but d'empêcher les chiites nationalistes de gagner des villes aux prochaines élections provinciales.
Le "premier ministre" irakien Maliki a donné 72 heures aux miliciens pour se rendre.
Rappelons que depuis août 2007 M. al-Sadr observe une trêve entre ses hommes (parfois indisciplinés) d'une part et les américains et leurs alliés d'autre part.
15 mars 2008
VIOLENCES entre milices chiites à Kout
Source : media locaux ; fiabilité : moyenne.

Dans la ville de Kout (à population chiite) des affrontements ont opposés la milice de M. al-Sadr (l'Armée du Madhi) aux "autorités" irakiennes (chiites pro-iraniens).
La ville et tout le sud du pays sont le théâtre de violences entre groupes armés chiites qui se disputent le contrôle de la région.
Ces violences durent depuis plusieurs jours et il semble que les "autorités" locales fidèles à Bagdad ainet été débordées par les Sadristes avant d'investir la ville et d'arrêter environ 25 sadristes avec le soutien technique des Américains.
La milice de Sadr observe depuis août dernier un cessez-le-feu vis-à-vis des Américains mais a le droit de se défendre en cas d'agression selon son chef.
08 mars 2008
Moktada al Sadr en retrait ?
Source : communiqué de M. al Sadr ; fiabilité : élevée

Alors que le leader de l'Armée du Madhi (chiites nationalistes) a reconduit la trève entre ses miliciens et les forces d'occupation, le chef politico-religieux a fai passer un communiqué assez étonnant où il affirme "choisir la solitude" et explique son retrait apparent de la vie politique irakienne.
Rappelant que de nombreux partisans l'ont quitté "pour des raisons matérielles", il explique que les sadristes sont trop impliqués dans la vie politique ce qui sous-entend qu'ils ne sont pas efficaces et surtout suceptibles de ne pas parler d'une même voix. Localement des milices se réclamant de lui ont aussi été convaincues de banditisme.
Assez désabusé il regrette aussi la poursuite de l'occupation et l'échec de "la création d'une société islamique". Il prend donc acte des manipulations politiques autour de l'islam (surtout des chiites pro iraniens) et préfère rester en retrait.
De plus M. al Sadr se consacre à des études religieuses afin de devenir "ayatollah", c'est à dire "source d'imitation" un rang religieux qui lui donnerait une influence encore plus forte. Faut-il croire qu'il se pose en successeur possible de Ali Sistani actuel chef spirituel des chiites ? Ce dernier ne cache pas ses liens avec l'Iran alors que Sadr (dont le père était le prédécesseur de Sistani) est plus indépendant...
En tout cas cette figure de la politique irakienne reste en retrait à la disposition du pays en cas de retrait américain...
18 février 2008
Rupture inter-chiite
Source : AFP Najaf ; fiabilité : élevée
Un accord entre l'Armée du Madhi de M. al-Sadr et les chiites pro-iraniens du Conseil suprême islamique d'Irak (CSII) a été déclaté "nul" par le mouvement sadriste.

Une affiche du mouvement de M. al-Sadr
Cet accord avait été signé suite à des affrontements très violents entre partisans armés des deux courants politiques.
Dominant le pouvoir central avec l'aide des Occupants et des Iraniens, le CSII n'a visiblement pas accepté de parager le pouvoir avec les autres composantes chiites.
Cette situation peut faire craindre un retour des violences entre chiites dans les villes sur sud de l'Irak ou même dans la capitale.
Au début du mois de février les députés sadristes avaient cosigné un texte s'opposant à la division de l'Irak, cela visait les partis Kurdes et Chiites pro-iraniens.
M. Al Sadr a par ailleurs prolongé une trêve observée depuis août 2007 avec les Américains.