06 décembre 2009
Les députés irakiens s’empiffrent ! par G. Munier
Les nouveaux voleurs de Bagdad
G. Munier relate le quotidien des députés irakiens... Affolant !

la corruption ? Une caractéristique des Etats faibles
Les députés irakiens s’accrochent à leur siège. On comprend pourquoi depuis que leurs privilèges, exorbitants, ont été rendus publics. Ils touchent 25 500$ par mois, auxquels s’ajoute une prime de 8 500$ - également mensuelle - pour rémunérer une trentaine de secrétaires et de gardes du corps. La plupart des « élus » conservent cette somme pour eux - ou sa majeure partie – car, vivant à l’étranger, ils n’emploient des miliciens ou des membres de leur tribu - généralement sous payés – qu’à l’occasion de passages éclairs à Bagdad, dans la Zone verte. Le quorum de 138 députés n’étant jamais atteint, les lois sont votées à la majorité des présents, ou à main levée - comme en octobre 2006 - pour empêcher tout décompte et faire passer en force celle instaurant le fédéralisme.
Suite : http://www.france-irak-actualite.com/article-les-deputes-irakiens-s-empiffrent--40658329.html
01 juillet 2009
Juin 2009 en Irak

Plus de 130 000 soldats us restent en Irak
Le mois de juin 2009 a été marqué par le retrait des villes des forces américaines. Ce retrait est en passe d'être effectif puisque depuis des mois le gros des troupes occupantes avaient quitté les grandes cités irakiennes. Ce sont les forces armées du "gouvernement" de Maliki qui prennent le relais, mais toujours sous la surveillance des Américains.
Plus de 130 000 soldats américains (et plus encore de mercenaires) restent dans le pays, au moins jusqu'en 2011. Les intérêts américains sont plus que préservés puisque l'ambassade us en Irak est la plus grande du monde avec plus de 3 000 employés.
Des compagnies occidentales ont aussi remportées des appels d'offre dans le domaine du pétrole, enjeu de l'invasion...
Plusieurs attentats sanglants ont été perpétrés en Irak au mois de juin, la situation reste tendue dans de nombreuses régions.
Au mois de juin 15 soldats américains ont été tués, ce qui porte les pertes us à 4321 soldats tués depuis 2003.
04 juin 2009
Tortures : les « aveux » d’Al-Libbi et la guerre du Golfe de 2003

photos de Ali Abdul Hamid al-Fakheri
Ali Abdul Hamid al-Fakheri, 46 ans, a été retrouvé mort dans sa cellule en Libye. Plus connu sous le nom de guerre djihadiste de Ibn al-Cheikh al-Libbi, il avait dirigé un camp d’entraînement d’al-Qaïda en Afghanistan, et été arrêté par les Pakistanais en décembre 2001. La CIA qui l’avait acheté à ses geôliers, en même temps qu’une dizaine de détenus de « haute valeur », l’avait incarcéré dans un centre de torture en Egypte. Là, enfermé - selon Newsweek - dans une boite de 20 pouces de haut (50,8 cm) et après plusieurs séances d’interrogatoires « poussés », ses tortionnaires étasuniens lui avaient fait avouer ce qu’ils voulaient entendre, à savoir que Saddam Hussein soutenait al-Qaïda.
En octobre 2002, George Bush avait pu déclarer avoir appris que l’Irak entraînait « des membres d’Al Qaïda à la fabrication de bombes, poisons et gaz mortels » afin d’obtenir du Congrès, trois jours plus tard, l’autorisation d’entrer en guerre contre l’Irak, pour « sauver la civilisation ». Colin Powell était revenu à la charge, le 3 février 2003, devant le Conseil de sécurité, affirmant que l’Irak avait livré des armes biologiques et chimiques à Ben Laden. Quand Al-Libbi est revenu plus tard sur ses aveux, ses déclarations n’intéressaient plus personne. La CIA l’avait alors vite remis, dans un état de santé lamentable, aux autorités libyennes qui l’avaient condamné à la prison à vie.
La demande faîte aux Libyens, par l’organisation Human Rights Watch, d’ouvrir une enquête « complète et transparente » sur le décès d'al-Libbi, agit comme un contre-feu. Elle fait passer au second plan les révélations gênantes sur les origines de la guerre d’Irak de 2003. On comprend qu’il est difficile de dire aux parents de soldats tués en Irak que leurs enfants sont morts suite à un mensonge fabriqué, sous la torture, pour les besoins de George Bush et de ses partisans néo conservateurs et pro israéliens.
La disparition Ibn al-Cheikh al-Libbi arrange beaucoup de monde à Washington. Il est peut-être mort des suites de sévices subis en Egypte – ou éliminé pour faire disparaître un témoin - mais ce qui est certain, c’est qu’il ne s’est pas suicidé. Cette pratique est formellement interdite par l’islam.
Source : Gilles Munier, AFI n° 93, Juin 2009
Une lettre de Saddam Hussein
Source : AFI n° 93, juin 2009, Gilles Munier
Le New York Daily News a publié, le 5 mai, la traduction en anglais, déclassifiée par les autorités américaines, d’une lettre du président Saddam Hussein, remise fin 2003 à ses geôliers – dix jours après son arrestation - sur ses conditions de détention et les tortures qu’il avait subi.



S. Hussein s'est défendu jusqu'au bout
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Au nom de Dieu le Compatissant et le plus Miséricordieux
De Saddam Hussein, Président de la République d’Irak à qui de droit :
Je suis dans cet endroit depuis le jour de ma capture, le 13 décembre 2003 jusqu’à aujourd’hui, 26 décembre 2003. S’ajoutant aux coups reçus lors de ma capture, le gang qui me détenait n’a épargné aucune partie de mon corps qui porte encore les traces douloureuses de leurs agissements. Je voudrais informer les autorités concernées qu’il ne m’est laissé aucune possibilité de dormir même si je reste allongé sur mon lit la plupart du temps. La réalité de ma situation est que, en trois jours, je n’ai pu dormir que quatre ou cinq heures parce que là où je suis ressemble à n’importe quel autre lieu de détention. Il semble qu’il ait été transformé en centre de torture pour les prisonniers, de nuit en général, mais aussi de jour. La plupart du temps, les bruits inquiétants de ceux qui sont interrogés ou torturés, s’entendent. Je ne crois pas que quiconque ayant un cœur sensible et un sentiment d’humanité puisse dormir au milieu des hurlements des tortionnaires et des torturés, des coups sur les portes et des grincements des chaises.
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Examinez ces questions et d’autres si elles vous intéressent. Sinon, Dieu regardera du Ciel et verra comme il voit toute personne qui se tient devant lui pour jugement… Dieu est grand… Dieu est grand.
Saddam Hussein
(signature)
Traduction : AFI-Flash - Source : http://www.uruknet.de/?s1=1&p=53983&s2=07
29 mai 2009
Sadr condamne les meurtres d'homosexuels
Source : BAGDAD (AFP)

miliciens de l'Armée du Madhi
Le mouvement du leader chiite Moqtada Sadr a condamné fermement vendredi l'homosexualité, tout en rejetant l'usage de la violence après une série de meurtres contre des homosexuels irakiens à Sadr City, son fief politique.
"Le seul moyen de stopper ce phénomène est le prêche et l'enseignement, il n'y a pas d'autre moyen d'y mettre fin. Moqtada Sadr rejette l'usage de la violence", a déclaré Wadea al-Atabi, le porte-parole du mouvement sadriste à Sadr City.
Des éléments de l'Armée du Mahdi (la milice de Moqtada Sadr) avaient été accusés par la police et par des habitants d'avoir assassiné des homosexuels, cela depuis des mois voir des années.
Depuis trois semaines, le mouvement Sadr a organisé plusieurs réunions publiques dans l'est de la capitale irakienne pour expliquer sa position.
"Le but de ces réunions est de lutter contre cette perversion et d'appeler les habitants à rejeter ce phénomène", a ajouté M. Atabi. Le 17 avril, les "Brigades de la vertu", un groupe armé inconnu avait lancé des menaces de mort à l'encontre des homosexuels sur des affiches placardées à Sadr City. "Nous allons vous punir, dépravés", disent les affiches signées par "les brigades de la vertu", citant des noms de présumés homosexuels.
Auparavant, les corps criblés de balles de trois jeunes hommes avaient été retrouvés dans un terrain vague à la limite de Sadr City. Sur deux des corps, une feuille de papier était posée avec le mot "pervers". Deux autres jeunes, présentés comme des homosexuels, avaient eu les jambes et les bras brisés.
Depuis l'offensive de l'armée irakienne, soutenue par des troupes américaines en avril et mai 2008 sur Sadr City, l'Armée du Mahdi a perdu de son influence dans le quartier, cela a peut-être laissé un espace à des groupes encore plus radicaux.
Certains homosexuels ont depuis pris l'habitude de se rencontrer dans les cafés et les salles de jeu du quartier.
Après la série d'assassinats d'homosexuels, l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International avait écrit une lettre au Premier ministre Nouri al-Maliki pour demander aux autorités irakiennes de protéger les homosexuels.
L'homosexualité est interdite par l'islam, non tolérée dans les sociétés arabo-musulmanes alors que les pratiques homosexuelles sont courantes vu la promiscuité et la non mixité au quotidien. L'Irak n'a pas interdit l'homosexualité mais les autorités religieuses la condamnent fermement.
Tous les partis politiques irakiens rejettent l'homosexualité.
11 avril 2009
CORRUPTION en IRAK (suite)
Les non-dits de la commission mixte économique franco-irakienne : Arnaques et pièges en tous genres par G. Munier Sauf exception, les chefs des partis portés au pouvoir en Irak par les Américains, n’ont pas pour priorité de reconstruire le pays, mais de se remplir les poches en un minimum de temps. Le pétrole et le commerce des armes étant la chasse gardée de quelques uns, restent pour pigeons à plumer les centaines d’entreprises étrangères appâtées par des contrats qui ne sont juteux que pour un certain nombre de politiciens et d’intermédiaires. Les témoignages ne manquent pas sur les chausse-trappes à éviter et sur la course aux obstacles sans fin qui lui sont imposés pour commercer en Irak: Certains ont déjoué des arnaques à la nigériane. A Erbil – Kurdistan irakien – et en Irlande, par exemple, des bureaux de représentation bidons émettent des faux contrats au nom d’organismes officiels irakiens et réclament une participation aux frais pour les valider. D’autres ont été victimes de gangs de hackers. qui interceptaient leurs échanges de courriels avec leurs contacts en Irak, puis leur transmettaient de fausses demandes d’aide, sous le couvert d’identité d’hommes d’affaires irakiens connus. A Bagdad, l’industrie du bakchich fonctionne à plein rendement. Il faut en verser, en cascade, aux responsables de partis chiites pro iraniens, ou sunnites pro américains, qui se partagent les postes dans les ministères. Les contrats traités par les ministres étant supérieurs à 5 millions de $, compris entre 2 et 5 millions de $ pour les vice-ministres, et jusqu’à hauteur de 2 millions pour les directeurs généraux, on imagine les commissions réclamées par les intermédiaires qui pullulent. C Depuis quelques semaines, pour décourager les sociétés étrangères de recouvrer leurs créances quand le montant des contrats ne dépasse pas les 2 millions de $, la Trade Bank of Iraq (TBI) – qui joue le rôle de l’ancienne Banque centrale d’Irak pour le règlement des contrats des sociétés et organisations d’Etat – oblige les sociétés étrangères à effectuer les remises documentaires à des partenaires locaux dans des régions " instables ". Par exemple, une livraison à Bassora, où il est facile à se rendre via Koweït City, est ainsi traitée à 850km, par une banque de Mossoul, dans une province connue pour être un des principaux foyers de résistance, donc impossible d’accès sans protection armée coûteuse. Ces méthodes de gangsters n’étonnent personne sur les bords du Tigre. Le président de la TBI est, comme par hasard, un affidé d’Ahmed Chalabi, condamné à 22 ans de prison en Jordanie, en 1992, pour la faillite frauduleuse de la banque Petra, puis connu pour ses relations avec la CIA… et les mollahs iraniens. Avant de commercer avec l’Irak, il est vivement conseillé de lire Kafka.
21 mars 2009
Manifestations pour les 6 années d'occupation
Le courant nationaliste irakien de M. Al-Sadr a manifesté en Irak pour protester contre les 6 années d'occupation du pays par les USA.

Malgré un mauvais asocre aux élections régionales,
la tendance sadriste reste influente dans la population chiite
Un porte-parole du chef de l'armée du Madhi a déclaré :
«Nous ne prêtons pas attention aux déclarations des leaders américains sur le retrait et nous appelons toutes les forces américaines à quitter immédiatement l'Irak», a déclaré à l'AFP Ahmad al-Massoudi, le chef du groupe parlementaire sadriste au Parlement irakien.
«La situation est très bonne, mais récemment il y a eu des actions violentes à Bagdad. Peut-être qu'il s'agit là d'un scénario visant à prolonger la présence des forces américaines», a-t-il ajouté depuis la ville sainte chiite de Najaf, à 160 km au sud de Bagdad.
12 mars 2009
Verdicts en IRAK
L'ex haut dirigeant irakien T. Aziz a été condamné à 15 ans de prison (il risquait la peine de mort).

T. Aziz devant ses "juges"
Il a été reconnu coupable d'avoir participé indirectement à la pendaison de 42 commerçants coupables d'avoir spéculé sur le prix du grain pendant le terrible embargo de l'ONU.
15 ans c'est trop quand on est innocent et c'est peu pour un "crime contre l'Humanité".
Respecté dans le monde des diplomates T. Aziz, malade, a sans doute bénéficié de la nouvelle administration américaine qui souhaite clore le dossier irakien au plus vite.
Par ailleurs, le journaliste qui avait lancé ses chaussures sur Bush lors de sa dernière visite officielle a été condamné à 3 ans de prison (il en risquait 15).

Mountazer Al-Zaïdi a refusé de plaider coupable et a dit qu'il avait agit comme n'importe quel irakien
Comme pour T. Aziz cette peine est illégitime car provenant d'une "justice" partiale, mais elle dénote aussi par sa relative clémence une volonté des autorités de ne plus surenchèrir dans la répression.
01 février 2009
ELECTIONS provinciales de janvier 2009
Le samedi 31 janvier 2009 les Irakiens sont allés voter aux élections provinciales.
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En attendant les résultats définitifs on peut déjà commenter le taux de participation qui serait autour de 50 %. Un chiffre qui relativise l'optimisme des commentateurs politiques qui se félicitent tous du déroulement du scrutin.
Les premiers chiffres indiquent une victoire nette des listes du premier ministre N. al-Maliki qui arrivent en tête devant les autres partis chiites : les pro iraniens de al-Hakim et les nationalistes de Sadr sont devancés dans 5 régions chiites sur 6.
Que faut-il en conclure ? Les optimistes verront un recul des partis les plus violents et les plus religieux, les autres diront que l'argent américain et le poids des forces de "sécurité" ont fait la différence en zone chiite.
Il en est de même dans les deux régions sunnite soù les listes des chefs tribaux armés par les occupants ont remporté le scrutin.
En 2005, les premières élections depuis la chute de S. Hussein avaient été secouées par de très sérieuses violences, la résistance et les groupes islamistes avaient tenté de perturber la main mise des Chiites pro iraniens sur les institutions mises en place par les occupants.
Massivement, les irakiens sunnites avaient boycotté ces législatives.
Aujourd'hui les violences ont été marginales, mais les élections ne se sont pas tenus dans 4 des 18 provinces. Les 3 provinces kurdes et celle de Kirkouk que les autonomistes kurdes convoitent n'ont pas eu droit à ce scrutin. Cela augure-t-il d'une fragmentation de l'Irak ?

28 janvier 2009
nouveau "procès" contre l'entourage de S. Hussein

La guerre Iran / Irak aurait fait plus de 500 000 morts
Un nouveau "procés" va s'ouvrir en Irak contre 16 anciens hauts dignitaires de l'époque de S. Hussein.
Cette fois, il s'agit pour le pouvoir et les Américains de revenir sur les conflits inter-irakiens à l'époque de la guerre entre l'Irak et l'Iran (1980 / 1988).
En bonne place, parmi les accusés figurent Ali dit "le chimique" (déjà condamné à mort deux fois) et Tarek Aziz, ex diplomate, que bien des observateurs jugent innocent.
On reproche aux accusés des exactions contre des kurdes chiites vivant à proximité de l'Iran à l'époque des combats.
Certes ces irakiens furent victimes de S. Hussein, mais comment penser que le procès sera équitable quand on sait que le "gouvernement" irakien actuel est animé par des partisans de l'Iran lors de la guerre passé ?
De plus, c'est, sans doute une nouvelle campagne de "com" à l'approche des élections provinciales...
Il y a donc tout lieu de se méfier.
Rappelons aussi que dans cette guerre l'Occident, les USA et l'URSS ne ménagèrent pas leur soutien à Bagdad alors en lutte contre une "révolution" qui déréglait la guerre froide.