11 avril 2009
L’anniversaire oublié d’un désastre humanitaire
IRAK : SEPTIEME ANNEE D’OCCUPATION
par Lieven De Cauter *
Les autorités s’apprêtent à accorder à des entreprises pétrolières multinationales (mais aussi européennes) des concessions pour vingt-cinq ans, alors qu’elles n’ont pas le mandat, et encore moins le pouvoir de le faire. Au lieu d’obtenir des dédommagements pour les énormes destructions infligées aux infrastructures du pays, et qui ont entraîné des milliards de dollars de pertes en revenus pétroliers, l’Irak continue à être mis à sac. Un nettoyage ethnique à grande échelle est pratiqué contre les Turkmènes, les chrétiens, les Assyriens et les Shebak. Kirkuk est en voie de " kurdisation " par l’immigration massive et les colonisations illégales (d’inspiration israélienne). Et son Histoire est falsifiée. (…) * Lieven De Cauter, philosophe belge, est un des initiateurs du Tribunal de Bruxelles Source :
(extrait) : Selon la Croix Rouge, l’Irak est aujourd’hui un pays de veuves et d’orphelins : deux millions de veuves à la suite de l’embargo, de la guerre et de l’occupation, et cinq millions d’orphelins dont un grand nombre de sans abri (estimés à cinq cent mille). Près du tiers des enfants Irakiens souffre de malnutrition. Environ 70% des filles Irakiennes ne fréquentent pas l’école. Les services médicaux (les meilleurs de la région il n’y a pas si longtemps), se sont totalement dégradés : 75% du personnel médical ont perdu leur travail et la moitié a quitté le pays. Après six ans de "reconstruction " des services de santé en Irak, ils ne rencontrent toujours pas les standards minimaux.
À la suite de l’utilisation par les occupants de l’uranium appauvri dans leur armement, le nombre des cancers et des fausses couches a tragiquement augmenté. Selon un récent rapport d’Oxfam, la situation des femmes est des plus inquiétantes. Cette étude indique qu’en dépit des bulletins de presse optimistes, la situation des femmes empire. Les besoins essentiels ne sont pas satisfaits. L’accès à l’eau potable est problématique pour une large portion de la population, et le courant électrique n’est disponible que de trois à six heures par jour. Et cela se passe dans un pays qui fut il n’y a pas longtemps une nation d’ingénieurs. Quatre Irakiens sur dix vivent au-dessous du seuil de pauvreté, et le chômage atteint des proportions jamais égalées (28,1% de la population active). En plus des vingt-six prisons officielles, il existe plus de six-cents prisons secrètes. Selon l’Union des prisonniers politiques irakiens, plus de quatre cent mille Irakiens ont connu la détention depuis 2003, dont six mille enfants mineurs et dix mille femmes. La torture est pratiquée à grande échelle, et près de 87% des détenus ne sont toujours pas inculpés. La corruption est généralisée : Selon Transparency International Irak, après la Somalie et le Myanmar, l’Irak est le pays le plus corrompu du monde. Le périodique états-unien Foreign Affairs qualifie l’Irak d’" État en déroute ". Il est significatif qu’alors même que l’Irak possède les troisièmes plus importantes réserves pétrolières du monde, il est obligé d’importer massivement son pétrole raffiné.
11 décembre 2008
La guerre en Irak est-elle finie ? par D. Gorteau

illustration sur http://www.dektat.net/fuckbush/bush_reptilian.jpg
Le 27 octobre 2008 le " parlement " irakien a approuvé " l’accord de sécurité " entre Bagdad et Washington. Cette approbation est l’épilogue temporaire d’une question centrale qui concerne les relations entre l’Irak et ses occupants.
Quand les Etats-Unis ont envahi le pays en 2003 sans l’accord de l’ONU, la question juridique de l’occupation a été immédiatement posée, mais, dès la fin des combats les principales puissances ont avalisé cette invasion par la résolution 1483 de mai 2003. L’occupation fut légalisée jusqu’au 31 décembre 2008. Cette échéance approchant le gouvernement Bush finissant devait trouver une solution pour prolonger son œuvre. Ce fut l’accord signé dernièrement.
Ce texte prévoit un retrait des forces combattantes américaines d’ici 2011. C’est pourtant loin d’être la fin de l’occupation puisque les Etats-Unis garderont, en sous-main, la haute main sur le pays…
Reste que 2008 marque d’une certaine façon la fin de puissance mondiale des Etats-Unis. La crise financière plus encore que le coût de l’occupation est un abîme sans fond pour Washington qui a perdu son statut de superpuissance.
la suite sur : http://quefaire.e-monsite.com/rubrique,l-irak-en-2009,256682.html
30 novembre 2008
G. Munier commente le "retrait" us dans Le Courrier d'Algérie
"L'accord de sécurité est de la poudre aux yeux" G. Munier

Gilles Munier est l'auteur du Guide de l'Irak
Gilles Munier a découvert l'Irak en 1975-76, et il s'est rendu dans ce pays à 150 reprises environ avec des délégations politiques, culturelles ou économiques. Il a été reçu à 5 reprises par le Président Saddam Hussein. Le secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes explique l'intérêt qu'il porte à l'Irak, au nationalisme arabe et à l'islam par son histoire personnelle. Il a vécu toute sa jeunesse en Algérie et au Maroc, au contact des nationalistes algériens du FLN, son père étant très engagé dans le combat pour l'indépendance de l'Algérie.
Pendant la crise du Golfe, en septembre 1990, il se rend à Bagdad en pleine affaire dite «des otages», pour demander au Président Saddam Hussein de laisser partir les Français qui sont retenus. La mission qu'il effectue se place juste après celle de Kurt Waldheim et d'Ahmed Ben Bella. Il revient en France avec 8 Français et la promesse que les autres les suivront. Il est accueilli en France par une violente campagne de presse qui l'accuse d'être un « traître par idéologie ».
Pour relancer les relations franco- irakiennes, mises à mal par la guerre et la rupture des relations diplomatiques, il organise en octobre 1991 la première mission économique française à Bagdad sous couvert d'un Comité Franco-Irakien pour l'Exportation créé pour l'occasion. Gilles Munier contribuera à l'ouverture d'une Mission d'intérêts français à Bagdad en transmettant un message secret de Tarek Aziz au Quai d'Orsay. Gilles Munier qui a pu, en 25 ans de voyages visiter toutes les régions d'Irak, est l'auteur du « Guide de l'Irak » paru en 2000.
Quelle appréciation faites-vous de cet accord de sécurité qui vient d'être ratifié par les députés irakiens ? Quels seraient ses buts ?
Gilles Munier : L'accord de sécurité est de la poudre aux yeux. Il permet à George Bush de quitter la résidence des Etats-Unis en disant une nouvelle fois « Mission accomplie » et au régime de Bagdad de se donner un vernis nationaliste. Le tapage médiatique fait autour de cet accord ne doit pas faire oublier que les députés se sont couchés lorsqu'il a été question de la mainmise américaine sur le pétrole irakien. Il y a en Irak environ 160 000 soldats et autant de mercenaires. En ces temps de faillite économique du capitalisme, la présence des troupes américaines devient trop lourde pour le budget militaire US. Mais, ils ne partiront pas tous. La question du maintien de bases militaires n'est pas sérieusement abordée. Les Américains en veulent plusieurs et les maintiendront tant qu'ils le pourront sous différents prétextes. Qui peut croire un seul instant que la guerre est finie, ou presque ? La résistance irakienne lance des attaques tous les jours et elle le fera jusqu'au départ réel des forces d'occupation. En vérité, les GI's ne quitteront l'Irak que contraints et forcés, comme les Anglais après le renversement de la monarchie en 1958.
Les dirigeants irakiens jouent, à court ou moyen terme, leur survie politique. Ils savent que la majorité des Irakiens réclament le départ des Américains et que sans le soutien de ces derniers ils perdraient le pouvoir. Paradoxalement se sont les chiites du mouvement de Moktada Sadr qui ont rejeté l'accord. Seraient-ils plus nationalistes que les autres ou expriment-ils les craintes de Téhéran ? La résistance irakienne, dans son ensemble, rejette cet accord. Quant au chiisme arabe irakien, il faut savoir qu'il est différent du chiisme persan, déformé à l'époque safawide. Moqtada Sadr est un patriote qui, dans la conjoncture actuelle, n'a pas d'autre choix que de faire un bout de chemin avec Téhéran. Les services secrets iraniens jouent plusieurs jeux en Irak, y compris en manipulant des groupuscules proches d'Al Qaïda. Ils aident l'Armée du Mahdi jusqu'à un certain point - celui de leurs intérêts immédiats - mais leur préférence va vers la Brigade Al Badr d'Abdulaziz al-Hakim. Un jour sonnera l'heure de vérité et les masques tomberont. L'ONU a accordé aux Etats-Unis un délai de présence qui aurait du expirer à la fin de l'année. Cette organisation a-t-elle été encore une fois ignorée et bafouée ? L'ONU aurait du être réformée depuis la fin du colonialisme. Elle a été ignorée et bafouée dès qu'il a été question d'agresser l'Irak. Le Conseil de sécurité est une machine de guerre occidentale. Lorsque le délai fixé par l'ONU a été voté, les Américains pensaient qu'ils allaient éliminer facilement la résistance irakienne. Ils doivent revoir leur copie en catastrophe. Les députés ont été élus par le peuple irakien, cette ratification peut-elle être considérée comme la volonté du peuple irakien ? Les élections de janvier 2004 étaient une mascarade. Les députés élus n'ont aucune légitimité. Certains d'entre-eux ont réclamé un referendum, tant mieux. Mais, s'ils avaient été courageux ils auraient plutôt réclamé le départ immédiat des occupants. Source : http://www.lecourrier-dalgerie.com/novembre/n1439.pdf
Que gagnent les politiques irakiens en le ratifiant et en prolongeant la présence américaine dans leur pays ?
15 juin 2008
L’Irak entre fausse générosité et vrai pillage
La question de la dette irakienne analysée par le Comité pour l'Anulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM)

Lors de la conférence sur l’Irak à Stockholm fin mai 2008, conférence dite « de suivi du Contrat international d’objectifs pour l’Irak » adopté à Charm el Cheik (Egypte) en mai 2007, le secrétaire d’Etat belge aux affaires étrangères, Olivier Chastel, a déclaré que la Belgique s’engageait à annuler 80% de la dette publique irakienne vis-à-vis de la Belgique d’ici la fin de l’année 2008.
la suite : http://www.cadtm.org/spip.php?article3455
17 avril 2008
TROIS guerres civiles en Irak
Un article de fond qui analyse la réalité des problèmes de l'Irak :

Juan Cole
Le journaliste américain Juan Cole du Boston Globe pointe trois guerres civiles :
- autour de Bassorah où les factions chiites se disputent un pôle économico-pétrolier central.
- dans Bagdad où les Chiites chassent les Sunnites
- au Kurdistan où la Turquie menace et intervient pour qu'aucun Etat kurde ne voit le jour avec ou sans Kirkouk.
Le texte traduit en français : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1922
24 novembre 2007
Le chercheur PJ Luizard relativise la baisse des violences
Sources : http://www.letemps.ch et Caroline Stevan
Pierre-Jean Luizard, chercheur au CNRS, relativise la baisse des violences. Le Temps: Les dernières statistiques avancées par l'armée américaine sont encourageantes. Quelle est votre analyse? Lien original : http://www.letemps.ch/template/international.asp?page=4&contenuPage=&article=219993&quickbar=
Pierre-Jean Luizard: On peut en effet parler d'une accalmie depuis septembre, depuis que la nouvelle politique américaine envers les sunnites a pris effet sur le terrain. L'armement des anciens insurgés, à condition qu'ils se retournent contre Al-Qaida, a apaisé les zones sunnites. Quant aux territoires chiites, ils sont beaucoup moins touchés par la violence depuis que l'Armée du Mehdi a gelé ses activités. La capitale semble également plus calme, car le nettoyage confessionnel est terminé : chaque communauté est retirée dans son quartier et protégée par des murs de béton. Cela dit, on découvre encore une dizaine de corps mutilés chaque jour à Bagdad. Les chiffres avancés par les Américains sont très exagérés.
- L'accalmie est-elle valable dans toutes les régions d'Irak ?
- La géographie de la violence n'est plus la même; les attaques ont diminué à Bagdad, mais augmenté dans le nord, dans les provinces de Tikrit, Mossoul et Baqouba.
- La diminution des violences est-elle également due aux renforts, comme l'affirme Washington ?
- Je ne crois pas. Elle est vraiment due à cette politique d'armement et d'achat des milices sunnites. Chaque combattant du Conseil de réveil d'Al-Amiriyya, par exemple, reçoit directement des Américains un salaire mensuel de 360 dollars, trois fois plus qu'un enseignant!
- Est-ce une solution à long terme ?
- Le fait d'armer des groupes ayant des intérêts locaux est loin d'être une solution, car ces milices réclament maintenant une représentation politique. Tout cela va mener à une implosion de la communauté sunnite. Washington était dans l'obligation de présenter des succès, vu son calendrier électoral interne, les autorités ont donc profité du clivage apparu dans la mouvance djihadiste. C'est un subterfuge politique qui conduira finalement à un redoublement des violences.
- Le réseau Al-Qaida est-il véritablement affaibli ?
- Il faut relativiser les discours enterrant Al-Qaida. La mouvance n'a pas d'autre but en Irak que le chaos. Ce qui se passe actuellement va donc totalement dans son sens. L'atomisation de la société irakienne et l'impossibilité d'une reconstruction politique obligent les Américains à rester dans le bourbier.
- Le retour annoncé de milliers de réfugiés est-il dû à l'accalmie, ou au durcissement de la politique syrienne à leur égard ?
- Cela fait partie de l'effort de propagande américain. Washington veut faire croire que l'accalmie des violences est porteuse de solutions politiques. On a vu fleurir ces derniers temps des comités de réconciliation sunnites-chiites, lu des reportages sur le retour des réfugiés. Je suis en contact quotidien avec l'Irak, on ne m'a parlé d'aucun retour. Au contraire, l'exode continue, même s'il a légèrement diminué.
- Certains qualifient le commandant des forces américaines en Irak, David Petraeus, de nouveau Lawrence d'Arabie. Un titre mérité ?
- Il est vrai que les Américains ont fini par comprendre comment fonctionne la société irakienne, comme tous les précédents occupants du pays. La politique tribale a été largement utilisée avant eux et l'on sait qu'elle ne peut pas déboucher sur une solution politique. La révolte arabe patronnée par Lawrence d'Arabie est loin d'être considérée comme un succès, elle a cependant permis la libération des ex-provinces ottomanes. Je ne pense pas que la stratégie de Petraeus lui permettra de quitter l'Irak en vainqueur.
21 octobre 2007
Islam et intolérance
Extrait du prochain livre de D. Gorteau, Comprendre la guerre en Irak.
Alors que l’islamisme a remplacé le communisme dans les cauchemars de l’Occident après 2001, il convient de répéter quelques généralités sur l’Islam, religion qui a généré des déviances intolérantes puis aujourd’hui carrément meurtrières.
Alors que l’Eglise catholique s’est constitué dès le Moyen Age en organisation pyramidale puissante et autoritaire[1], l’Islam n’a nullement généré de clergé omniscient et omnipotent. Si des « savants » et autres ayatollahs existent, jamais ces spécialistes du dogme n’ont eu l’influence et la puissance des légions du pape. Ainsi, l’islam a toujours été une religion de l’individu seul face à Dieu sans intermédiaires humains ou surnaturels. A priori pas de monopole de l’interprétation des textes sacrés.
Vis-à-vis des autres religions, alors que les Catholiques ont été très longtemps intolérants et violents vis-à-vis des Juifs « déicides » et autres « hérétiques » l’islam des textes a considéré Chrétiens et Juifs comme des « gens du Livre », c'est-à-dire des gens éclairés par les premières révélations divines, Mahomet n’étant que le dernier prophète. Ainsi de manière générale, des minorités juives et chrétiennes ont longtemps côtoyé (ou côtoient) des majorités islamiques dans des pays comme la Palestine, la Syrie ou l’Egypte. Les oppositions entre les communautés religieuses sont avant tout politiques.
Enfin, les actes du prophète Mahomet, accusé par certains de servir de modèle aux terroristes ne peuvent être catégoriquement et globalement rangés dans l’intolérance ou la bonté[2]. En effet, vivant dans une société structurellement violente, menacé une grande partie de sa vie et obligé de se défendre, le prophète de l’islam n’a recouru à la violence que pour se protéger et s’imposer comme chef politique et militaire. Ainsi le Coran a-t-il des passages très favorables aux Juifs (alliés de Mahomet à son arrivée à Médine) mais aussi des sourates hostiles aux mêmes juifs (ils menaceront Mahomet sur le point de s’imposer) préparant leur élimination comme force politique.
Comme quantité de chefs politiques en d’autres temps et en d’autres lieux, Mahomet fut animé d’idées plutôt avancées pour son époque et sa société mais dû recourir à la violence pour survivre puis pérenniser son pouvoir. Ainsi sur la question de la polygamie qui est un signe d’archaïsme et d’inégalités pour les islamophobes d’aujourd’hui, il faut rappeler que Mahomet limita à quatre le nombre d’épouses alors qu’avant lui il n’y avait aucune limitation. Le Coran précise même qu’en cas de risque d’injustice il ne faut en prendre qu’une (Coran 33.51).
Quant à la personnalité du prophète, volontiers accusée de propension à la violence ou à la lubricité[3], force est de constater qu’elle ne semble nullement plus déséquilibrée que celles des autres hommes de pouvoir. Jusqu’au bout Mahomet décida souverainement mais non sans avoir demandé avis à ses compagnons.
L’islam des origines n’est donc pas une religion plus violente ou plus intolérante que les autres monothéismes. Les croisades catholiques comme la lutte des Hébreux pour s’imposer à Canaan furent nettement plus impitoyables.
[1] totalitaire diront certains comme M. Onfray
[2] il existe peu de biographies de Mahomet, M. Rodinson (marxisant) et T. Ramadan (islamologue et musulman) ont écrit des biographies sérieuses sur le personnage.
[3] Mahomet eu en effet neuf épouses (et non quatre) dont la très jeune Aïcha âgée de 9 ans. Que faut-il en conclure ? La plupart des femmes choisies l’étaient pour des raisons politiques (alliances) et peu par passion semble-t-il. On est loin des harems des centaines de concubines des rois de cette époque.
10 octobre 2007
Probable intervention turque au nord de l'Irak
Le gouvernement turc pourtant dirigé par des islamistes modérés peu favorables à l'armée à décidé d'autoriser une intervention miliraire dans le nord de l'Irak.
Depuis quelques semaines des séparatistes kurdes (affilié au PKK) ont repris leurs opérations en Turquie. Attentats, fusillades et provocations justifient cette décision à Ankara. Il reste à prouver que le PKK est derrière ces actes qui ne peuvent que le desservir après des années de cessez-le-feu.
Depuis des mois l'armée turque réclame le droit de poursuivre les rebelles kurdes en territoire irakien.
Or, le "territoire irakien" en question est aux mains de deux partis kurdes irakiens : le PDK et l'UPK qui rejettent catégoriquement toute intervention chez eux.

Mais ce conflit ne concerne pas seulement la Turquie et les Kurdes, en effet, depuis l'invasion de l'Irak en 2003 les relations entre la Turquie et les USA se sont profondément déterriorées : avant 2003 Ankara était très proche d'Israël et des Etats-Unis, mais depuis que Washington et Tel-Aviv soutiennent les Kurdes d'Irak la Turquie a pris ses distances soutenant passivement les efforts américains en Irak et en Afghanistan (utilisation de bases turques pour l'aviation de guerre us).
Une traque des rebelles kurdes au Kurdistan irakien pourrait donc encore envenimer les relations entre la Turquie et les Etats-Unis.
De plus, Ankara a toujours été proche de l'Iran, refusant de suivre les menaces occidentales contre la République Islamique. En effet certains iraniens sont turquophones et les relations commerciales sont nombreuses.
La 25° intervention turque en Irak pourrait mettre face à face d'un côté la Turquie soutenue par l'Iran et les Chiites d'Irak (dont le "gouvernement" a accepté le principe d'une intervation fin septembre) aux Kurdes d'Irak soutenus par les Etats-Unis ainsi qu'Israël.
Rappelons que le nord de l'Irak possède de nombreux gisements pétroliers et que des experts pensent que des réserves plus importantes encore attendent d'être exploitées.
11 septembre 2007
interview de G. Munier sur S. Hussein
Gilles Munier est secrétaire général de l’Association des Amitiés Franco-Irakiennes (http://gmunier.blogspot.com). Fin connaisseur de l’Irak et souvent présent dans ce pays à l’époque de Saddam Hussein (qu’il a rencontré à cinq reprises), il a accepté de répondre aux questions de Denis Gorteau pour www.que-faire.info. Les questions portent sur les figures de l’ancien président irakien.
la suite : http://www.que-faire.info/Principal/MortSaddam.htm#haut
Interview réalisée en février 2007.
09 septembre 2007
IRAK, cimetière du néo-conservatisme
« A l’enfer qu’est devenu l’Irak… » : voilà les ultimes paroles de Saddam Hussein avant sa mise à mort. A la fois tyran et militant courageux, il est difficile de savoir ce que retiendront les Irakiens de leur ex-président, tellement le quotidien en Irak est catastrophique. L’invasion brutale de 2003 et l’essor des violences martyrisent toutes les régions et tous les secteurs du pays… Quels espoirs pour l’avenir ?
la suite ici : http://terouga.hautetfort.com/archive/2007/08/25/dernieres-nouvelles-d-irak.html